‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 157 sur 178 · LIVRE XXII. — PIÈCES JÜSTI FICATIVES · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — PIÈCES JÜSTI FICATIVES

mier besoin des hommes qui vivent en société, et garantie de leur repos et de leur bonheur. Plus les passions seront déchaînées contre moi, et mieux je sentirai le bonheur, Je dirai presque le mérite d’avoir rendu la paix à une si nombreuse population, à la seconde ville du royaume, à ce foyer si admirable de notre industrie. »

PIÈCES HEI.ATIVES A L’APTAIBE DE LVON.

MITHK ms ARBÉTS DF. LA COm PRÉVOTALK Oi: IMÎP tRTFRKNT tiV RIîÔaK, A Mis f:V^.\FUEXT.S ut' ROI» DE JU\ l^iî;

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« La ville de Lyon et le département du Rhône ont prouvé leur amour pour les lois et leur disposition à la tranquilité, par la longue patience qu’ils ont montrée dans 1 état d’oppression et de persécution où ils ont gémi pendant longtemps, et la richesse de ce pays garantit suffisamment l’éloignement qu’il doit avoir pour l’anarchie, et son attachement pour l’ordre.

U Les mouvements qui se sont fait sentir au mois de juin dernier, sur deux points du département, dans dix ou douze communes, ne démentent point ce bon esprit : conçus sans aucun but fixe, sans plan déterminé, sans aucuns moyens d’exécution, par un petit nombre d’obscurs perturbateurs.

ils ne furent, pour la plupart des habitants qui v ont pris part, paysans grossiers, pauvres et crédules, que le fruit d’une surprise.

« Ce n’est pas sans étonnement que les hommes non prévenus ont entendu répéter jusqu’à satiété, par une certaine faction, que ces passagères et vagues agitations avaient mis l’État et le trône en danger. La moindre attention aux moyens employés pour les produire, au peu de suites qu’elles eurent, à l’impuissance et au petit nombre des insensés qui avaient rêvé un mouvement, aurait suffi pour dissiper toutes ces illusions si elles avaient été de bonne foi.

c< 11 est certain que, dans toutes les communes où il y a eu de l’agitation, on avait commencé par sonner inopinément la cloche d’alarme, signal accoutumé des incendies, bien certain qu’on était de voir accourir aussitôt, comme dans un piège, la foule des curieux et des oisifs, avec celle des bons habitants qui croiraient voler au secours de leurs voisins. A cet appel inattendu même des officiers municipaux, comme les débats l’ont constaté, on accourut en effet de toute part. A Millery surtout on vit beaucoup d’habitants se présenter sur la place avec des seaux; ceux d’irigny accoururent à Saint- Genis où le tocsin se faisait aussi entendre, mais isolément ou par petits groupes et presque tous

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sans armes; la même cause produisit ailleurs de semblables efTets.

« Lorsque ces rassemblements furent formés, des chefs plus ou moins audacieux, comme l’a dit le procureur du roi, cherchèrent, soit par des menaces, soit par de fallacieuses illusions à égarer, à entraîner la multitude, ce qui prouve qu’elle n’était ni instruite ni complice des desseins des agitateurs,

« Ces fourberies, ces menaces, ont été constatées par tous les débats et même par un grand nombre de déclarations écrites; elles étaient de nature à intimider une population ignorante et grossière, façonnée par état à l’obéissance et à la servitude; toutefois elles eurent peu de succès. M. le procureur du roi l’a dit lui-même : « on ne put faire en « chaque endroit que de fort légères recrues' parmi « les propriétaires; » il n’y eut qu’un petit nombre d'hommes appartenant au.\ dernières classes de la société, les vrais prolétaires, qui se laissèrent entraîner : circonstance qui diminue beaucoup encore Timportance qu’on a voulu donner au mouvement.

« Dans le fait, que se passa-t-il? la populace fit ce que fait toujours en pareil cas une populace dé-

' Il ponslanl que ileiix cent cinquante personnes au plus ont pris fini t aux rasseinlileincnts, et que, dans ce nombre, il n'freut fias soixante 011 -oixantp-dix hommes de réellement armés, et la plupart sans munitions.

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chaînée : clic commit çà et là quelques excès en pillant dans quatre ou cinq maisons des boissons, des comestibles, des effets mobiliers; elle insulta ou arrêta trois curés, trois ou quatre maires et autant de gardes champêtres; elle enleva dans quelques lieux le drapeau blanc; plusieurs reprirent la cocarde tricolore; d’autres firent entendre des cris de Vire Y Empereur! A Millery, la nuit se passa à combattre entre le maire des Cent-Jours et le nouveau oaaire, pour la conservation ou la conquête du fauteuil municipal; mais nulle part on ne vit aucun corps organisé, formé en bande proprement dite; nulle part il n’y eut un seul officier nommé; nulle part on ne forma aucune entreprise, ni l’on ne se mit en marche régulière contre Lyon; tout se passa en vaines agitations, sans but, sans plan et sans moyens, comme on l’a déjà dit.

« Telle est l’histoire très-ûdèle de tous les événements des 8 et U juin : elle est constatée par les déclarations écrites des témoins, par les débats des audiences, par les arrêts mêmes de la cour prévôtale; un seul coup de pistolet fut tiré dans les douze communes; tout le bruit ne fut, comme l’a dit encore M. le procureur du roi, « qu’un court orage a que nos campagnes entendirent gronder. Il ne <1 fallut que diriger quelques brigades de gendar- « merie, quelques détachements de chasseurs sur

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