LIVIIE XXII. — PIÈCES JUSTIFICATIVES
« les divers points menacés... Et, à la fin du jour, » la plupart de ces bandes étaient presque de toutes « parts rompues, fugitives et dispersées. » Le lendemain, à si.x heures du matin, tout était rentré dans l’ordre.
« Voilà ce qu’on a présenté à la France et à l’Europe comme un attentat qui avait compromis les destinéesdu royaume. Ce n’est passeulement l’ambition de quelques hommes en place qui s’est livrée à ces exagérations pour surprendre les faveurs du prince, une faction trop connue, celle des ultra-royalistes, en a fait encore son point d’appui pour décrier le roi, son gouvernement et ses principes, pour diffamer le ministère et ses intentions, pour rejeter sur les débris épars de l’armée les fautes de quelques militaires en retraite. C’est cette faction qui, affectant de confondre tous les royalistes constitutionnels et soumis, c'est-à-dire la masse du peuple français, avec une poignée d’obscurs .séditieux, se félicitait avec une joie barbare d’un événement qui lui semblait devoir ruiner à son profit le système politique adopté par le roi et ses ministres.
« C’est dans ces circonstances que la cour prévôtale a tiré son glaive.
« Appelée spécialement, par la loi de son institution, à poursuivre et punir toute réunion sédi-
lieuse, elle ne fil que son devoir en procédant con- Ire les coupables.
a Mais ce devoir avail sa mesure el ses bornes Iracées par la polilique el l’humanilé non moins que par les lois, et c’esl ce qu’elle ne comprit pas.
« En général, lorsqu'il s’agit de crimes commis par la multitude, la raison d’£tal demande une grande circonspection. L’utilité publique, qui est la première mesure des peines, veut quelquefois qu’on fasse grâce à cause des conjonctures des temps el des lieux ; il est des cas où le vrai magistral, reculant, effrayé comme la loi elle-même, devant un trop grand nombre de coupables, renonce à punir comme il le pourrait, ou ne frappe qu’à demi, de peur qu’une justice trop sévère ne ressemblât à une vengeance, el les supplices à une réaction.
« Cette modération est surtout nécessaire après une grande révolution : « Quand une république, « suivant le langage de Montesquieu, el l’on sait que « ce nom ici signifie toute espèce d’Étal; quand « une république est parvenue à détruire ceux qui « voulaient la reaverser, il faut se hâter de mettre « fin aux vengeances, aux peines, aux récompen- « ses mêmes... Il vaut mieux, dans ce cas, pardon- « ner beaucoup que punir beaucoup; exiler peu c< qu’exiler beaucoup... sous prétexte de la ven- « geance de la république, on établirait la tyrannie