‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 161 sur 178 · VII. 2i · texte numérisé non relu

VII. 2i

Ô7(I MÉMOIRES nr DUC DE RAOUSE.

ne répondent que trop aux préliminaires : les jugements semblent arrêtés d’avance d’après de secrètes notions indépendantes des débats. Tout le monde a remarqué que les accusés étaient toujours rangés, sur la fatale sellette, dans l’ordre où ils devaient être frappés. Ils étaient rangés en forme de demicercle ouvert du côté des juges; les premiers, en commençant par l’extrémitédu côté gauche, étaient destinés à la mort; ceux qui les suivaient, à la déportation: les autres, aux travaux forcés; ensuite, à remprisonnement; les derniers, formant l’extrémité à droite, composaient le petit nombre qui devait être acquitté. Il est remarquable que, de dix arrêts rendus par la cour prévôtale, il n’en est pas un seul qui ait trahi ces prévoyantes dispositions : ni les efforts des avocats, ni les lumières produites par les débats, n’y ont jamais apporté le moindre changement. L’événement était tellement prévu d’après cet arrangement, que le peuple, toujours si avide de ce genre de spectacle, avait presque déserté les audiences dans les derniers temps.

« Abordons maintenant chacun des arrêts de la cour prévôtale; apprécions-en les dispositions principales.

« La première erreur où la cour prévôtale est tombée, c’est de se considérer comme juge du crime de complot ou attentat contre l’État ou le

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