‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 23 sur 178 · LIVRE XXI. — I8U-18IS. M · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — I8U-18IS. M

peine marcher. On sait, sous d’autres rapports, avec quelle parcimonie et quelle rigueur la nature l’avait traité; et, malgré cela, il avait beaucoup de prétention à des facultés qu’il n’avait jamais possédées. Il racontait les succès de sa jeunesse, et faisait, à cette occasion, des contes dépourvus de toute vérité. Il aimait les histoires licencieuses. On connaît ses amours trop célèbres dans ses dernières années, où une femme bien née s’est prostituée aux caprices d’un vieillard infirme et impuissant. Ayant beaucoup vu, il savait une multitude d’anecdotes, qu’il contait agréablement. Mais ceux qui, comme moi, l’ont approché d’une manière habituelle pendant beaucoup de temps, les savaient toutes par cœur; et, quoiqu’il ne put l’ignorer, il n’en faisait jamais grâce dans l’occasion. Il était éminemment poli et maître de maison rempli d’attentions.

L’uniformité de l’emploi de son temps était incroyable. Dans les temps ordinaires, jamais il ne faisait chaque jour autre chose que ce qu’il avait fait la veille. H se levait à sept heures; il recevait le premier gentilhomme de la chambre ou M. de Blacasà huithcures;à neuf heures, il avait quelque rendez-vous d’affaire; à dix heures, il déjeunait avec le service et les personnes autorisées, une fois pour toutes, à y venir tous les jours, les titulaires

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