‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 26 sur 178 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

tuelle de ce prince, cette manie de singer .Napoléon dans ses écarts et ses défauts, que rien chez lui ne pouvait ni justifier ni excuser, et les symptômes qui semblèrent bientôt annoncer 1e peu de solidité de la Restauration, les refroidirent pour le nouveau maître de leur choix. Enfin, la catastrophe du 20 mars 1815 les ayant jetés dans le parti de la trahison et de la révolte, ils devinrent décidément et restèrent plus tard les ennemis des Bourbons. Dès ce moment, ils ne négligèrent aucun des moyens en leur pouvoir pour leur nuire.

Ici commence pour moi une série de chagrins et de tribulations que la force de ma conscience, la pureté de mes intentions et le sentiment de ce que j’ai fait pour mon pays m’ont donné la force de supporter.

Les calomnies les plus horribles s’attachèrent à mon nom. On se rappelle mes efforts inouïs, incessants pendant la campagne de 1814. Je crois pouvoir le dire, sans être injuste envers aucun de mes camarades : dans cette campagne j’ai fait plus que les autres, et, si la chute du gouvernement n’eùt pas été le résultat définitif, l’opinion m’aurait fait une assez grande part dans la gloire de cette époque.

Ce combat de Paris, où certes j’ai rempli largement mon devoir de général et de soldat, fut l’ob-

MÉMOlItES UU DUC UE HAGISE.

jet (les plus injustes et des plus odieuses accusations. On dit et on répéta (]uc la capitulation avait été un crime et une trahison, lorsque je m’étais, pour ainsi dire, dévoué seul à la défense de cette ville Ces bruits, répandus dans les lieux les plus

' Ci's infâmes aicusatioiis furent cori'oborées |>lus tird par rmiieuse prodiimatiim de l'Ein|K-iTiir, datée du polfe de Juan, le 1*' mars 1815. Voici coiumeul, |>cu d’années après, ces ealoiiinies fui-ent réfiilées par liii-niéine dans scs Métnoiri'S.

En critiijuant l'ouvrage du général Rognât, intitulé Coiuidérationi sur l'arl de. la guerre, rEiii|>ercur dit ;

• Le luai'iVhal Manuont n'a point train en défemlant Paris. L'arnii'c, les ganles nationales |iarisienncs, celle jeunesse si brillante des écoîe-, se sont couvertes de gloire sur les hauteurs de Montmartre ; mais l’hisioire dii-a <|ue, sans la défection du sixième corps, a])rès l'entrée d<■s Jtlliés h Paris, ils eussent été forcés d’évacuer celte grande capitale ; car ils n'cus.sent jamais livré bataille sur la rive gauche de la Seine, en ayant derrière eux Paris, <|u'ils n'occupaient que depuis trois joncs; ils n'eussent ]ias violé, certes, toutes les règles de la guent;. Les malheurs de celte éjMque .sont dus aux défections des chefs du sixième <orps et de l’armée de Lvou, et aux intrigues qui se trouvèrent dans le Sé'nat. •

Ainsi l'Empereur rend justice à ce que la défense de Paris a eu de brillant et d'héroique.

Il est assez connu que la bataille s’est livré sur les hauteurs de Bellevillc et de Itomainville, orcu|)ées |iar le sixième corps .seul. C’est donc aux troupes qui le com|>osaientct îi leurs chefs que le méritt! en appartient.

La gaivle nationale n'a figure en rien dans l'action; au delà du canal ale Saint-Denis et â Montmartre, à j>einc quelques coups de fusil ont-ils été tirés, et c’est là seulement qu'il y avait quelques bataillons de ganle Jiationale; quant aux écoles, elles sont i-esiées éloigné* ilu combat, et n'ont pas même pris les armes, à l’exception d'un détachement de l'Êeole polj technique qui servit aux batteries, en avant de la barrière du Tronc, batteries qui, placées ainsi contre tout calcul raisonnable, furent ]) -ises par les chevau-légcrs vvurtemhergeois, après avoir seulement tiié 4j lelqucs coups do canon.

Les malheurs de l'éj)oquc ne sont pas venus de la défection dont

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