‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 27 sur 178 · LIVRE XXI. — I8U-I8I · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — I8U-I8I

bas, colportés par la haine cl les intérêts froissés, prirent du crédit. Plein du sentiment de ma propre dignité, des souvenirs de ce que j'avais fait, je me

(larle Napoléon ; ils ont éV’’ la conséquence forcée des maux dont Xa- |Mdéon avait accaldé la France et rËuro|x>, et qui ont soulevé le [iioiide entier contre lui, tous ses alliés, niâmc ceux de sa fainillc, et la presque universalité des Fiançds.

Ils ont été la conséquence de la perte de un million cinq cent mille liotnmes en moins de dix-huit mois, sacriliés d'une manière qui rappelle les folii>S de l'antiquité, et, sous le nip|x>rt milit iirc, en 181 i, de la dé.sobéis.sance formelle du vice-roi d'Italie, qui, rappelé avec son armée pour défendre la France, est resté en Italie, malgré la défense de son père adoptif, et s'est occu|)é de négociations dont le hut était de le faire monter sur le trône, en le séparant de la cause française au moment où 4-elle-ci succoinhait.

Napoléon oubliait-il donc, quand il parle de livrer bataille aux deux <■ nt mille bommes qui occupaient Pans, qu'ils avaient été reçus avec des transports frénétiques de joie; oubliait-il que, lorsque le sixième corps a fait son mouvement sur Vprsailles, mouvement exécuté contre mes ordres formels, qui par conséquent ne m'appartient pas, et que j'ai d ploré plus que |>crsunne; oubliait-il, dis-je, qde déjà oei'Dis qdieze H .UIEl IL AVAIT ABDIQUÉ PAR SUITE DE LA PRESSIOX DE SES LIEUTEXAXTS C. >MRE LUI A FONTAIXEBLEAU ?

Était-ce sous de pareils auspices, et avec de misérables débris, qu'il |iouvaitcti'P question de tenter encore la fortune?

Au moment où je relis ces Mémoires, un écrit public h l'occasion de la mort de Joseph Bonaparte me tombe sous la main. Sa lecture |ieint d'une manière si vraie et si vive la situation dans laquelle Napoléon avait mis la France et s'était mis loi-mèiiic eu 1814, que je ne puis me refuser à le lonsigncrcn grande partie à la tin de ce volume; se composant uni<iueuient de (liéces officielles écrites à l'époque des événements, on ne peut révoquer en doute l'exactitude des faits qu'il rappelle

* * Les pii-ces dont il est question ici font partie de la correspondance du roi Josepli, publiées dans l'ouvn-ge ayant pour titre; Urmoiret et cttrieMfi'>ndanc‘ politiqHf n mililaire du roi Jotefk, pubUfr, aaoo.Vi r; m-s eu ordre par A. Du Ciitte -l’enoiiii, •Hlitcur, l’ari-, tSbi'i. Voycr tome X, de la page 58 X la page ÎI6. On a jugé inutile «le

«;o MÉMOIRES DU DUO DE RAGUSE.

crus au-dessus de la calomnie. Je m’imaginai qu’il était indigne de moi de répondre, et j’eus tort, Jai porté la peine de mon orgueil; mais une circonstance particulière influa puissamment sur ma des-

On sfl domanile avit t-loimenipnt quelle avait été la chiite de la volonté et de l’activité de Napoléon, pour avoir laissé tomber la France dans un jiareil excès de misère, dans un manque absolu d'armes, au jwinl d’être obligé de distribuer des piques aux nouvelles recnies.

Sans doute, un million cinq cent mille hommes délniits avaient du épuiser les arsen,iux; mais, quand après les désastres de Leiptig, il était évident qu’è moins d’une paix faite subitement sur la frontière l’ennemi n’hésiterait pas h la franchir, ne fallait-il pas mettre en usage les moyens puissants qui, vingt ans auparavant, avaient servi à satisfaire nos besoins, à .assurer notre salut?

On sait qu’en se bornant il un modèle grossier, mais capable d’un bon service, Pacis peut fournir plusieurs centaines de mille fusils par mois.

Comment! le trésor impérial est vide : quelques rares mille francs peuvent è peine en sortir chaque jour, et, faute d’argent, on ne jicut ni acheter des chevaux ni confectionner des habits, des harnais, etc., etc., et des demandes réitérées, adressées i Napoléon par son frère, ne peuvent paiTcnir à faire ouvrir le coffre-fort du domaine extraordinaire; c’est quand tout s’écroule que les illusions mcivsongères entraînent une si singulière parcimonie !

Le pass.)ge du Rhin avec deux cent cinquante mille hommes, auxquels on n’a pas même quarante mille hommes de débns è leur opposer, annonce suffisamment que le champ de bataille s’étendra jusqu’h Paris: et cependant on n’exécute pas de travaux défensifs. Bien plus, le 17 mara. Napoléon n’a pas même encore approuvé et an'êté le projet des travaiiv dont la proposition lui avait été faite dès le commencement de l’année.

Comment expliquer une semblable conduite, si ce n’est que, placé constamment dans l’idéal, il se berçait de folles illusions, et qu’il préfé-

neproduire ici oes leltrcs, quoiqii'cltes semblent léunics comme tout exprès pour dire ce que dit le duc de Uagusc lui-mème dans le volume prcciidenl de scs Jfèmoirn. \Hole île CEiUeer.)

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