LIVRE XXI. - 18H-I81.S
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Cependant les partis s’agitaient dans divers sens. Celui de M. le duc d’Orléans semblait devoir être le plus formidable. Une insurrection éclata, fut réprimée, et les frères Lallemand échouèrent dans leur tentative sur la ville de la Père, dont un brave officier, le général d’Aboville, ferma les portes et prit le commandement. La garnison de Lille s’insurgea sous les ordres du comte d’Erlon. Tous ces mouvements-là avaient lieu au profit de M. le duc d’Orléans.
Napoléon avait eu une correspondancc'très-active avec la France. Ses principau.x agents étaient la duchesse de Saint-Leu, le duc de Bassano, Lavallette, etc. Des agents subalternes agissaient auprès des troupes et du peuple. Sans ourdir de trame positive, ils s’occupaient à semer partout la désaffection, puissamment secondés par le maréchal Soult, qui ne négligeait de prendre aucune des mesures capables de mécontenter. Des fautes si multipliées, et dont les effets étaient si certains, devaient sans doute être commises à dessein.
Napoléon connut le mécontentement universel et l’agitation des partis dans tous les sens. Dès loi's il se décida à se présenter et à entrer en lice. En se montrant subitement et d’une manière inopinée, il était bien certain de rallier tous les ennemis de l’ordre de choses établi. Sa présence devenait un si
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grand événement, qu’elle ferait oublier tous les projets formés sans lui. 11 héritait ainsi, de droit, de tous les préparatifs faits contre les Bourbons dans d’autres intérêts que les siens. Je pense donc encore aujourd’hui qu’il n’y a pas eu un complot positif et immédiat dans le but de son retour, et que, si diverses personnes espéraient son arrivée, aucune n’en avait la certitude.
On a tout fait pour détruire tes Bourbons, pour favoriser l’exécution des combinaisons auxquelles Napoléon pouvait se livrer; mais il n’y a pas eu de ces conspirations proprement dites, éclatant à jour nommé, et dont toutes les circonstances sont prévues.
Napoléon avait jugé les fautes multipliées du gouvernement des Bourbons, apprécié sa marche imprudente; il connaissait le mécontentement public, et savait bien, relativement à lui, qu’en France le mécontentement de la veille est effacé par le mécontentement du jour. Enfin il était informé que les Bourbons avaient confié le pouvoir à des hommes sans prévoyance, sans talents et sans énergie. Le ministère de la marine, l’un des plus importants à cause de la surveillance à exercer sur nie d’Elbe, était entre les mains de M. Beugnot, l’homme le plus léger, le plus frivole. La direction générale de la police avait été remise à un honnête