LIVRE XXI. — (8U-18I
de Vive le roil de Vite Mon$ieur ! devaient être traduits de cette manière : Plus de guerre éternelle; un régime doux et du bien-être pour le peuple. Telles étaient les pensées dominantes dans tous les esprits. Telles étaient les espérances qui remplissaient tous tes cœurs.
Pendant ces événements, Napoléon était encore à Fontainebleau. Les dispositions relatives à son établissement à Pile d’Elbe, à son départ et à ses intérêts privés étant arrêtées, le 20 avril il se mit en route, accompagné des commissaires des divers souverains de l’Europe. Son voyage ne fut pas sans danger. Les populations du Midi, portant toujours à l’excès l’expression de leui’s sentiments, étaient exaspérées contre lui. Il fut obligé, pour traverser la Provence, de se déguiser en officier autrichien. Si, à son passage aux environs d’Orange, il eût été reconnu, il aurait péri misérablement victime des fureurs populaires.
Le début des Bourbons était difficile, et cependant leur position aurait pu se définir avec une grande simplicité. — La société en France avait été reconstituée pendant leur absence. Chacun était classé, et le rang qu’il occupait dans l’ordre social, l’importance dont il jouissait, fruits de longs travaux et de mille chances courues, en avaient rendu la possession légitime. Les Bourbons de-
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vaienl de bonne foi la conserver dans sa réalité, en appelant toutefois à partager ces biens ceux de leurs amis qui avaient des titres personnels à faire valoir; car il n’est pas du siècle où nous vivons de posséder tout, uniquement par droit de naissance. Le mérite individuel doit venir justifier en partie la faveur dont on peut être l’objet. Enfin les Bourbons devaient se dire : Un ouragan a enlevé celui qui tenait ici la première place. Elle est devenue vacante, et personne n’a eu la pensée de l’occuper. Tous les intérêts se sont trouvés d’accord pour nous la rendre; mais chacun veut garder ce qu’il a acquis, et ne le céder à personne. S’ils eussent agi ainsi, s’ils eussent pris pour règle de conduite ces réflexions, si fort à la portée des esprits les moins éclairés, leur puissance aurait été à l’abri de toute attaque; au lieu de cela, à leur suite sont venus des gens de peu de valeur, qui prétendaient à tout. Les intérêts nouveaux se sont alarmés avec raison.
Changer l’ordre social était tout à la fois une injustice et une entreprise supérieure à la force des Bourbons, à leur esprit, à la puissance de leurs bras; le modifier avec circonspection était possible et raisonnable. Mais, indépendamment des intérêts privés qu’il fallait bien se garder de menacer et de heurter, des intérêts d’une tout autre nature auraient dû être sacrés. 11 fallait épouser la gloire du