‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 57 sur 178 · LIVRE XXI. — 1811-I81S · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — 1811-I81S

ardeur l'année précédente, et, si ou l'eût conservée alors, peut-être aurait-on été préservé de cette déplorable révolution. A cette époque, la victoire et le temps l’avaient consacrée; aujourd’hui, elle était devenue l’emblème de la perfidie et de la révolte. On ne pouvait la prendre sans se déshonorer. On le sentit, et ces exigences furent rejetées.

Fouché voulait empêcher le roi d’entrer avec ses gardes du corps et le forcer à s’eu séparer pour ne pas émouvoir et irriter, disait-il, la population. 11 traçait l’itinéraire du roi pour son entrée par la barrière de Clichy, afin d’éviter les quartiers populeux. Louis XYUl montra du jugement, du courage, de l’élévation en cette circonstance. 11 ne crut à aucun de ces contes sans cesse répétés à ses oreilles. 11 prit son escorte ordinaire, entra par le faubourg Saint-Denis, et suivit le boulevard pour sè rendre aux Tuileries. Partout un peuple nombreux était rassemblé, et partout il reçut des témoignages de respect et fut l’objet d’acclamations plus ou moins vives; mais l'effet de toutes ces menées était en partie produit : Fouché était ministre. On proposa au roi de le comprendre dans la promotion des pairs, faite peu après. Mais le roi s’y refusa; il répondit : a On peut bien, quand on est forcé par les circonstances, prendre un tel homme pour niinis-

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