‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 7 sur 178 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

L’époque de l’arrivée du roi était heureusement prochaine. Sa présence devenait nécessaire, car les fautes s’accumulaient. Après avoir traversé une partie de l’Angleterre en triomphe, il débarqua à Calais le 24 avril. Là, il apprit la signature de cet étrange traité qui remettaitau jwuvoir des étrangers les seuls gages encore entre nos mains. La précipitation avec laquelle il a été fait et le nom de ses auteurs autorisent à penser que la corruption n’y a pas été étrangère.

Le maréchal Moncey, doyen des maréchaux et premier inspecteur général de la gendarmerie, fut envoyé à Calais pour y recevoir le roi, l'accompagner et veiller à la sûreté de sa marche. Le général Maison, qui commandait dans le Nord, s’y rendit aussi. Le roi et madame la duchesse d’Angoulême prirent la route deCompiègne. Partout ils furent reçus avec des transports de joie. Tous les maréchaux se réunirent à Compiègne, et deux d’entre eux, le maréchal Ney et moi, furent désignés pour aller au-devanl du roi et le complimenter. Nous rencontrâmes le roi en deçi» de la dernière poste. Sa voiture s’arrêta; nous mimes pied à terre; le maréchal Ney, comme le plus ancien, porta la parole. Le roi ré- |)ondit d’une manière gracieuse et bienveillante, mais termina sa réponse par une phrase qui me parut une espèce de niaiserie. 11 parla avec raison

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