‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 78 sur 178 · LIVRE XXII. — t8i5-iS2t · texte numérisé non relu

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quelques exceplions, devenir la base de l’ordre politique nouveau. On y avait placé les anciens ducs et pairs, presque tous les anciens ducs, et, d’un autre côté, toutes les illustrations de l’Empire. Ces trois éléments étaient naturels, dans' la formation du nouvel ordre de choses; mais, cette fois, on prit au hasard, choisissant suivant les caprices et les fantaisies de chacun. Les ministres présentèrent et firent admettre leurs protégés. Le roi se borna à choisir un seul individu, M. de Frondeville, recommandé par sa nièce. Chose indubitable, il fallait donner plus de consistance à la Chambre des paii’s, mais atteindre ce résultat en y appelant les grandes notabilités provinciales; dans ce but, établir un mode régulier de recherche, de présentation et de choix. La marche suivie cette fois servit d’exemple à d’autres promotions qui ont été funestes.

C’est ici le moment de raconter un événement heureux pour moi. J’étais bien loin alors de deviner toute son importance pour mon avenir. La promesse de la restitution de mes dotations en Illyrie me fut faite, à cette époque, par l’empereur d’Autriche, de la manière la plus flatteuse et la plus aimable.

En 1814, un traité conclu à Fontainebleau, fixait le smrt des dotations et en assurait la conservation aux titulaires. Je ne crus pas devoir faire

MËMOiniüS DU DUC DE RAGUSE.

alors la plus petite démarche pour assurer mes intérêts d’une manière particulière. Partager lesort commun était mon seul désir et ma seule prétention. Mais, en 1815, tout était naturellement remis en question. Les circonstances qui avaient accompagné la révolution du 20 mars semblaient devoir annuler les droits. N’avant pas pai ticipé à celte félonie, je croyais avoir des litres à être excepté des mesures de rigueur projetées; mais les gouvernements sont si empressés de s'emparer de toutes les richesses à un titre quelconque, que je comptais faiblement sur celle justice. Les dotations de Hanovre, de Weslphalie et de Poméranie ne me laissaient aucune espérance. Je ne pouvais en conserver que pour celles d’illyrie, me fondant sur l’esprit d’équité de l'empereur d’Autriche et le souvenir du bien que j’avais fait dans ces provinces, quand j’en avais le gouvernement. Me trouvant dans le devoir d’aller lui faire ma cour, avant de me rendre chez lui, quelques amis m’engagèrent profiler de la circonstance pour lui faire une deniande en forme de la restitution de mes biens. En passant la porte de son cabinet, je n’avais aucune résolution prise. Je comptais en parler ou me taire, suivant l’accueil qui me serait fait, et suivant les dispositions plus ou moins bienveillantes que je remarquerais sur la figure de ce souverain. L’em-

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