LIVRE XXII. — 1815-18ÎI
pereur me reçut à merveille, et me parla avec la plus grande complaisance du bien que j'avais fait à ses sujets d’Illyrie, aux Croates en particulier, dont j’avais conservé la précieuse organisation, malgré les faiseurs de Paris, dont le désir était de tout changer chez eux. Il me demanda mon avis sur l’organisation la meilleure à donner à la Dalmatie, et je lui dis qu’il me paraissait utile de former dans les montagnes deux ou trois régiments frontières, et de laisser le littoral sous l’autorité civile. Après une conversation assez longue, un silence absolu ayant succédé, je crus pouvoir hasarder ma demande, et je dis à l’empereur que la bonté avec laquelle il daignait me traiter me décidait à l’entretenir d’intérêts qui m’étaient personnels. L’empereur m’interrompit et, sans me laisser achever, il dit : « C’est de vos dotations en Illyrie que vous voulez parler? — Oui, Sire.
— Je vous les rends, ajouta-t-il. Quand l’empereur Napoléon était souverain des provinces illyriennes, par suite de la cession que je lui en avais faite, il était légitime propriétaire des domaines de la couronne qui y étaient renfermés, il a donc pu en faire tel usage qu’il a voulu; et il m’est fort agréable de faire un acte de justice à votre profit, en vous rendant ceux qui vous étaient échus en partage.