‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 80 sur 178 · VII · texte numérisé non relu

VII

178 Mt;:MOIRF.S DU DUC DE RAGUSE.

On juge de ma reconnaissance et de ma joie. Je me hâtai d’aller voir le prince de Melternich, qui me reçut avec la grâce qui le caractérise, et me promit son appui et son concours. Il a bien tenu parole; car, lorsque, fatigue de la lenteur des affaires qui se traitent à Vienne, je vins solliciter moi-même l’exécution des promesses faites si généreusement et si gracieusement par l'empereur, grâce à l’active amitié du prince de Metternich, en moins d’un mois, j'étais en possession d'une rente égale aux revenus des terres que je possédais, et en même temps j’avais reçu, sur le même taux, tout l’arriéré de ces revenus. Cette décision de l’empereur, qui me fut d’abord personnelle, ayant établi le principe, plusieurs dotés furent mis en possession de rentes égales à leurs anciens revenus, et les autres continuent à solliciter et conservent encore l’espoir d’obtenir.

La Restauration me rendit le repos et la liberté; mais elle me plaçait dans une position d’isolement pénible. Séparé de ma femme, et sans enfants, sans frère, ni sœur, ni neveux, aucun intérêt de famille ne remplissait mon cœur et ne pouvait servir d’aliment à ma vie. Pour la gloire militaire, tout était • dit : il était probable qu’il n’y aurait plus de guerre. Restaient la politique et les affaires. On peut faire beaucoup de bien quand on arrive an pouvoir

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