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amour- [)ropre si général en France, et cette vanité de hobereau qui donna à la chambre une physionomie factieuse.
Cette Chambre voulut cire plus royaliste que le roi. Elle voulut gouverner et tout muilriser ; enfin, elle enfanta des projets de persécution qui ne pouvaient et ne devaient avoir qu’une influence funeste sur les destinées du pays. Elle devint exigeante, tracassière, et contraria la marche du gouvernement, d’autant plus que l’héritier du trône, Monsieur, lui donnait toute l'autorité de son nom, relevée encore par l’influence qui résultait du commandement de toutes les gardes nationales de France dont il s’était fait investir. La hiérarchie, qui en était la conséquence, établit en sa faveur et mit entre ses mains une sorte de gouvernement royal, constitué sur les principes de l’obéissance militaire , et 'cn opposition habituelle avec la marche de l'administration. Enfin, la Chambre de 1815, qui, par les sentiments dont elle était animée, aurait dû faire tousses efforts pour créer et fonder le pouvoir du roi, chose si nécessaire et si difficile, présenta des obstacles multipliés et invincibles à son développement. Elle ne négligea, en quelque sorte, rien pour affaiblir l’autorité royale, tout en déclarant son intention de la soutenir et dfr l’augmenter.
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l'aniii les liahisons signalées par la révululion du 20 mars, il y en avait de si patentes, et dont l’influence avait été si grande sur les événements, qu’on ne pouvait s’empêcher de les poureuivre. De ce nombre étaient celles de Charles de la Bédoyère et du maréchal Ney. Louis XVIII avait une sensibilité plus feinte que réelle; mais il était loin d’être sanguinaire. Son instinct était la douceur et la bonté ; mais, comme tous les hommes faibles, ses opinions et ses résolutions variaient suivant les influences qui agissaient sur lui. Il fut affligé de la prise de ces deux grands coupables. La Bédoyère fut arrêté pendant mon absence de Paris. Je ne connais pas par moi-même les impressions que le roi reçut; mais j’étais près de lui quand .Ney fut découvert par sa faute et livré à l’autorité. Louis XVllI en gémit avec moi et me dit : « On avait tout fait pour favoriser son évasion; l’imprudence et la folie de sa conduite l'ont perdu. »
La Bédoyère, condamné, fut exécuté malgré de nombreuses interventions. Le roi, pour faire une espèce de réparation à sa famille et lui donner une sorte de compensation, nomma son frère, Henri de la Bédoyère, officier dans les gardes du corps, quoiqu il ne remplit aucune des conditions exigées par les ordonnances, et n’eùt jamais servi. On peut difficilement comprendre comment cet officier ac-
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cepta. C’était le prix du sang de son frère ; car il est évident que, si Charles n’eût pas été fusillé, Henri n’aurait pas été l'objet de cette faveur.
Bientôt arriva le tour du maréchal -N'ey. Ou avait soif de son sang; et, comme on voulait faire des exemples, il devait en servir. Aucun coupable ne pouvait être puni avec plus de justice, car le crime était patent, et il n’y a pas de gouvernement possible avec la pensée que l’actiou du maréchal Ney mérite de l’indulgence.
La maréchale vint implorer le roi et s’adressa à moi pour obtenir une audience du roi. Je l’y conduisis. Le roi me répondit : « Mon devoir est de la recevoir. Elle peut venir, mais ce sera en vain. Il faut que justice soit faite. »
Effectivement, le roi l’accueillit avec bonté, mais ne lui donna aucune espérance de détourner le coup dont son mari était menacé. Le moment du jugement arriva. Le ministère, par la bouche de M. de Richelieu, parut vouloir agir sur la Chambre des pairs et presser la condamnation : chose superflue, tant l’évidence du crime était démontrée. Celui qui voulut remplir consciencieusement les devoirs de juge ne put hésiter à le condamner. L’exécution eut lieu immédiatement. L’esprit de parti a fait depuis du maréchal Ney un martyr. Une sage politique aurait dû peut-être sauver un homme couvert
tno MÉMOinES DU DUC DE RAG USE.
<le gloire et échappé pendant tant d’années à d’innombrables dangers. Si sa grâce eût suivi sa condamnation, les Bourbons seraient mieux restés dans leur caractère et n’en auraient été que plus forts; mais le parti dominant fut inexorable : il voulait du sang. C’est ainsi qu’un sang, coupable, il est vrai, mais bien glorieux, fut répandu.
On réclamait une autre victime; mais celle-ci était l’objet d'un intérêt universel. Lavalette, ancien directeur général des postes sous l'Empire etallié au vice-roi d'Italie et à la reine Hortense, dont il avait épousé la cousine germaine, avait repris la <lirection de son administration dès le 20 mars, après le départ du roi. Assurément, cette action était sans importance, puisque Napoléon devait entrer à Paris peu d’heures après; mais on lui appliqua le principe de la loi ; et, comme il avait usurpé le pouvoir tandis que le roi était encore en France, il était passible de la peine de mort. Arrêté longtemps après le retour du roi, il fut envoyé aux assises comme n’étant plus militaire. J’avais été-fort lié avec Lavalette; notre amitié ne l’avait pas empêché de se ranger parmi mes ennemis à la première Restauration, et je ne le voyais plus. La peine ne me paraissait pas devoir dépasser quelque temps de prison. J’en étais peu occupé, quand tout à coup le jugement rendu me lit coniiaitre l’état des choses.
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