‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 85 sur 178 · LIVRE XXII. — 181S-I · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — 181S-I

sayer de l’intervention de madame la duchesse d’Angoulème pour lui obtenir sa grâce, en lui représentant que cette action lui serait utile dans l’opinion. Elle avait d’abord consenti; mais cette coterie ultra-affamée de vengeance dont elle était entourée eut bientôt fait changer ses résolutions, et la perted’un homme inoffensif, de mœursdouces, d’un esprit aimable et cultivé, fut résolue plus que jamais.

Je vis madame de Lavalette pour concerter avec elle les démarches à faire dans l’intérét de son mari. Elle me parla alors du projet de son évasion, qu’elle croyait pouvoir effectuer, .le lui dis de bien se garder d’en faire usage en ce moment; car, si elle échouait, son mari était alors perdu sans ressource. Il fallait auparavant essayer de tous les moyens de

quel avanl:ige pour le souverain aHi;u,ste qui s’iionore du litre <le petitfils du grand Henri ! Henri IV punit une fois avec éclat, mais c’étnil un traître. Il pardonna toujours, et ses lidides serviteurs furent innombrables. L'bisloirc a fait de sa clémence le plus noble et le plus brillant fieuron de sa couronne. C'e.'t celle qui ceint la tète de notre monarque révéré.

« Hélas! cette vie si traversée de mallieurs, cette vie si courte, il faudra la perdre; mais, an nom de notre ancienne .amitié, au nom de nus anciens périls, ne .souffreî pas qu’un de vos anciens compagnons d'armes monte îi l’éclufainl ! Qu'un piquet de braves giviudiers la termine : en mourant, du moins, je pourrai me faire une illusion dernière : c’est au cbamp d’bonneur que je vais tomber.

« Adieu, monsieur le marécbal, recevez avec bonté l’eipression bien sincère de mon ancienne amitié et de mon profond respect.

« Lavalettk. *

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