‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 86 sur 178 · VII. l.'i · texte numérisé non relu

VII. l.'i

loi .MÉMOIRES DU DUC DE RAGISE.

salut fondés sur la clémence; implorer elle-même sa grâce auprès du roi, en se jetant en public à ses pieds. Je me chargerais de lui donner le bras dans cette pénible circonstance. Ce projet arrêté, nous prîmes jour pour son e.\écution.

On eut connaissance à la cour de la tentative projetée, et l’ordre fut donné aux gardes du corps d’empêcher madame de Lavalette d’entrer au chàleau. Cette pauvre femme, infirme et souffrante, ne pouvant marcher qu’avec peine, il lui fallait une chaise à porteure pour le moindre trajet, et cela donnait une sorte d’éclat à ses démarches. Il y avait donc bien des difficultés à vaincre; mais je ne désespérai pas d’y parvenir. D’abord je décidai que nous nous rendrions dans la salle des gardes pendant le temps où le roi serait à la messe. Si nous nous y fussions établis auparavant, le roi, instruit de sa présence, aurait plutôt renoncé à entendre la messe ce jour-là que de s’exposer à recevoir la requête préparée. Le roi étant passé et arrivé dans la chapelle, nous nous présentâmes. Par un bonheur très-grand, le suisse du bas du grand escalier n’avait pas de consigne, et nous montâmes sans obstacle; mais, arrivés à la salle des gardes, là était la difficulté. La porte étant ouverte, j’attendis, pour entrer, le moment où le garde du corps en faction, se promenant dans le sens opposé à l’en-

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