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la vaincre. D’une liniidilé poussée jusqu’à la poltronnerie, il était aisé de l’effrayer. Bonne femme au fond et fidèle à ses affections, elle a su inspirer à ses enfants une affection et une admiration profonde, et un respect pour sa mémoire tel, que des intérêts d’argent puissants n’ont pas pu les porter à méconnaitre ses intentions. Elle m’avait pris en goût, et mes relations avec elle, rétablies en 1814, ont duré jusqu’à sa mort.
Beaucoup d’autres maisons également ouvertes avaient leur nuance d’opinion , dont il serait trop long de donner le détail. C’étaient autant d’arènes où on venait débattre les plus hautes questions politiques. 11 n’y avait pas une seule femme qui ne se crût appelée à établir son opinion et à la défendre avec ardeur et souvent avec fureur. Chez madame de Montcalm, sœur de M. de Richelieu, femme infirme et contrefaite, d’un esprit fin et délié et d’un goût délicat, les réunions moins nombreuses étaient moins agitées, plus attrayantes et plus agréables; mais on payait chèrement le plaisir de s’y trouver en y rencontrant habituellement Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie, Français renégat, qui y dominait avec insolence.
Peu après le retour du roi, la maison militaire, rétablie sur de nouvelles bases, fut beaucoup diminuée. On supprima ce qu’on appelait la maison
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rouge, et les cinquième et sixième compagnies des gardes du corps. Les quatre qui furent conservées eurent une force moindre. Je me consolai facilement de la perte de ma compagnie, quelque agréable que fût un pareil commandement, consistant plutôt en un service de cour qu’en un service militaire. On s’occupa de l’organisation d’une garde royale, et je fus destiné à y avoir un des grands commandements.
Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, chargé de cette organisation, était opposé à cette création. Il fit tout au monde pour la faire échouer, et, quand il ne put plus reculer, il y introduisit des dispositions monstrueuses. On ne se rendit pas compte de leurs conséquences, et on se refusa à reconnaître les principes qui doivent servir de base à une garde. On agit par caprice et d’une manière incohérente.
La garde d’un souverain a plusieurs objets à remplir. D’abord elle doit défendre le trône contre les factieux. Ensuite elle doit être un objet de récompense et d’émulation jiour l’armée. Enfin elle doit former une réserve d’une grande valeur pour la guerre.
Pour remplir le premier objet, il faut établir l’obéissance par tous les moyens possibles. La défense du trône devant avoir lieu en agissant contre ses
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compalrioles, mille considérations diverses concourent à relâcher les liens de la discipline. 11 faut donc les multiplier et entourer les chefs de tous les moyens d’influence et d’action possibles. Or deux genres de pouvoir agissent sur les soldats et parlent à leur esprit. Le premier tient à l’élévation du rang de celui qui commande, à l'éclat qui l’environne, et qui appartient aux généraux et aux chefs de l’armée; le second se trouve dans la puissance du chef de corps, du père de famille, dont l’action est constante, journalière, et porte sur tous les détails de la vie. Eh bien, pour rendre le commandement plus efficace, pour rendre l’obéissance plus assurée, on a réuni sur la même tête, dans beaucoup de pays, la puissance du chef de famille à l’éclat résultant des plus hauts grades. Ainsi en France autrefois, le colonel des gardes françaises était habituel lement maréchal de France, et un régiment de gardes anglaises a pour colonel le duc de Wellington.
Pour remplir le second objet, une garde ne doit jamais être composée de recrues. Sa paye doit être forte, et les officiers de l’armée appelés à y entrer doivent y trouver des avantages de fortune et d’avancement. Enfin, cette garde, assez nombreuse pour ne pas être constamment de service, doit venir seulement par fractions dans la capitale. Le séjour d’une très-grande ville relâchera toujours la