‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 93 sur 178 · LIVRE XXII. — I8is-I8i · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — I8is-I8i

iliscipline el tendra à corrompre les troupes. 11 est utile, après quelques mois de séjour, et quand ses effets pourraient s’en faire sentir, de pouvoir employer un temps suffisant dans de petites garnisons à remettre tout dans l’ordre accoutumé.

D’après ces considérations, j’avais proposé de former la garde de quatre légions de quatre à cinq mille hommes chacune, composée de troupes de différentes armes, et dont chacune d’elles serait commandée parmi maréchal de France qui en serait le colonel. Les quatre légions auraient eu des quartiers à vingt lieues de Paris, et auraient fourni chacune quinze cents hommes pour le service.

Ainsi le roi aurait eu six mille hommes de troupes, se relevant d'époque en époque, et composées de différentes légions.

On devine le motif de celte division pour le service journalier. Dans le cas du rassemblement de la garde, chaque légion aurait été réunie sous son chef propre. Enfin j’avais proposé de donnera chaque officier de la garde un grade supérieur à son emploi, mais sans lui en faire porter les distinctions. Au lieu de cela, on fit une espèce d’armée sans dispositions spéciales.

On créa huit régiments d’infanterie, six français el deux suisses, de trois bataillons chacun. Ces vingt-quatre bataillons furent organisés en deux

divisions. Quatre régiments de cavalerie légère et quatre de grosse cavalerie, formant également deux divisions. Enfin, l’artillerie se composait de soixante bouches à feu.

Quatre maréchaux de France furent choisis pour avoir à tour de rôle le commandement de cette garde; mais, comme leur autorité était passagère et n’avait aucune influence sur le choix et les récompenses, aucun d’eux n’avait la plus légère action sur l’esprit des officiers et des soldats. Leurs fonctions ne s’élevaient guère au-dessus de celles des commandants d’armes qui, dans les garnisons, reçoivent les rapports, ordonnent le service et font défiler la parade.

 la guerre, la communauté des dangers, le souvenir des actions glorieuses, établissent entre les généraux et les soldats une espèce de fraternité dont les effets sont incalculables. En temps de paix, un général qui ne récompense pas n’est rien pour les troupes. Les soldats ne le connaissent que par des devoirs, des exercices, des fatigues et des punitions, et sa présence est moins une occasion de joie qu’un motif d’ennui et de tristesse.

On recruta la garde dans la population et par enrôlement volontaire, et jamais les enrôlements volontaires n’ont donné nulle part une composition d’armée comparable à celle des levées faites régu-

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