LIVRE XXII. - I8is-ig«i
lièremenl par la loi. On y plaça beaucoup de Parisiens, et cette funeste habitude s’est conservée constamment. Enfin on donna aux officiers un rang supérieur et les distinctions d’un grade qu’ils n’exerçaient pas. Cette profusion de torsades en diminua la considération. On en reconnut plus tard l’inconvénient. On entreprit de faire une nouvelle législation pour la garde. Il en résulta une foule de prétentions et une cause de confusion et d’embarras pour l’administration.
Malgré les vices de son organisation, malgré l’influence fâcheuse de M. le duc d’Àngoulème, malgré le peu d’action laissée aux majors généraux sur ce corps, il a répondu en grande partie à l’espérance qu’on avait pu en concevoir. Cependant, s’il eût été établi sur les bases indiquées plus haut, il se serait désorganisé moins rapidement lors des funestes événements de Juillet; mais, en somme, la garde a montré courage et fidélité. Elle commença son service auprès du roi le 1" janvier 1816, et les maréchaux prirent rang entre eux par trimestre dans l’ordre suivant : le duc de Bellune, le duc de Tarente, le duc de Reggio, et moi.
Je reviens maintenant à la politique. Le ministère de M. de Talleyrand perdit promptement tout crédit et toute considération. Louis XYilI sentait le besoin de s’appuyer sur la Russie, seule puissance
sans inlérêls directs opposés aux siens. l‘our atteindre ce but il fallait composer un ministère sous son influence, et mettre à sa tête quelqu’un qui lui fût agréable. M. de Richelieu, homme d’un caractère honorable, d’un esprit modéré et de nobles sentiments, était très-propre à occuper cette place. Une intrigue, conduite avec succès, amena M. de Talleyrand à donner sa démission. Comme la cruelle négociation des charges imposées à la France et des frais de la guerre n’était pas terminée, ce fardeau fut laisse à M. de Richelieu. M. de Talleyraud prétendit n’avoir quitté le ministère que pour se dispenser de signer un traité aussi funeste, mais c’est une imposture. M. de Talleyrand était tout résigné. Le roi lui tendit le piège dans lequel il tomba.
Le ministère nouveau fut composé de M. de Richelieu, ministre des affaires étrangères et président du conseil; de MM. de Vaublanc, ministre de l’intérieur; duc de Feltre, ministre de la guerre; Corvetto, ministre des finances; Marbois, garde des sceaux; Dubouchagc, ministre de la marine; et Decazes, ministre de la police. Cette administration, prenant la direction des affaires sous les auspices les plus difficiles, était peu homogène et en partie composée d’hommes de talents contestables.
M. de Richelieu avait quitté la France avant la