‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 99 sur 178 · LIVRE XXII. — 1815 - 182 ». J · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — 1815 - 182 ». J

tle la Bt'doyère, Ney et Lavaleltc, duiil j'ai parlé.

On se rappelle avec quelle ardeur et quel enthousiasme la Restauration avait été reçue dans le Midi, en 1814; on se rappelle aussi ce symptôme si remarquable de l’opinion d’alors, que l’Empereur détrôné, marchant sous la sauvegarde des puissances, fut obligé de se déguiser en officier autrichien pour pouvoir traverser le pays en sûreté. Ces sentiments avaient reçu une nouvelle énergie par les événements des Cent-Jours. On avait couru aux armes à Marseille pour s’opposer à la marche de Napoléon. On accusa même dans le temps le maréchal Masséna d’avoir paralysé le zèle des gardes nationales. Un calcul de temps et de distance a démontré la fausseté de cette accusation. Les gardes nationales, rassemblées à Marseille par suite de la nouvelle du débarquement à Cannes, ne pouvaient pas arriver à temps pour disputer le passage de la Durance à Napoléon. .\insi on ne pouvait pas accuser le prince d'Essling d’avoir favorisé la marche de l’Empereur. Sans doute, la révolution qui s’opérait ne lui était pas désagréable; mais il ne fut pas dans le secret du retour de Napoléon, et il n’y a aucun reproche à lui faire avec justice. On connaît la violence des passions des Méridionaux et avec quelle facilité ils portent tout à l’excès. Si l’on pense à la désorganisation que deux révolutions successives avaient pro-

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dnile, à ceUp nuée d’ambitieux, d’intrigants qui surgit de toute part, à chaque occasion, on se fera le tableau de l’agitation d’alors. Des assassinais, des emprisonneineiits, eurent lieu dans le Midi, et, les idées religieuses donnant un nouveau développement aux haines, bientôt la nécessité delà résistance se fit sentir. On arriva à la pensée de renverser un parti qui opprimait, le gouvernement qui le soutenait, et ces idées coupables se transformèrent promptement en projets et en espérances criminelles.

A cette époque, c’est-à-dire au mois d’avril 18 Ib, le ministère se modifia. Les fautes sans cesse renouvelées de Vaublanc, le ridicule dont il était couvert et son incapacité démontrée décidèrent M. de Richelieu à proposer au roi son renvoi. Son remplaçant fut .M.'Lainé, homme austère, d’un caractère modéré, mais faible, grand orateur et homme de bien. On renvoya aussi M. de Marbois, qui était tout à fait au-dessous des circonstances, et, de plus, très-impopulaire à la Chambre, et on le remplaça par M. le chancelier Dambray, qui reprit les sceaux.

Le Dauphiné devint le théâtre des premières agitations. La révolte, dont Didier était le chef, éclata et fut réprimée immédiatement par le général I)onadieu, commandant à Grenoble. La folie de cette entreprise était démontrée par la faiblesse des moyens des conspira teui's et l’époque choisie pour

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