‹ Memoires du Duc de RovigoChapitre 18 sur 61 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Nouveaux envoyés de l’empereur 4’ Autriche. — Défaite de Trafalgar.. — Mission au quartier-général russe.' — L’errtptfreur Alexandre. — Longue conférence avec ce souverain. — Ses vues et ses projets. — M. de Nowosilsow. — Retour au camp français. — Nouvelle mission près de l’empereur de Russie. — -Le prince Dolgorouki est envoyé près' de l’empereur Napoléon.

Depots l’occupatioiï dé Vienne et l’affaire de Hollabrilnn, l’empereur était fort sollicité' par tout.ee qui l’entourait de.faire la.paix; \1 y était açsez disposé : mais les Russes étaient en présence, il fallait d’abord se mesurer.

Il luialAiva le lendemain deux eytvôyés delà part .de l’empereur d’Autrichè, parmi lesquels était M. deStadion;jene me rappelle pas le nom de l’autre , je. crois que c’était encore le.général Giulay. L’empereur les reçut, leur parla sans doute de ses intentions; mais comme ces messieurs -ne venaient encore traiter que pour l’Autricheannonçant que l’empereur de Russie

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enverrait incessamment lui-mème quelqu’un pour.ce qui le concernait , l’empereur Napoléon qui voulait absolument que cette puissance fût comprise dans le traité y comme il l’avait fait connaître précédemment , les renvoya sans ouvrir de discussion. *

M. de Talleyrand avait reçu ordre de venir à Vienne, dont le général Clarke avait été nommé gouverneur.

L’empereur lui adressa MM. les députés aù-, trichiens, et donna à leur sujet quelques instructions particulières au général Clarke, après quoi , il continua ses opérations militaires.

Il y avait déjà plusieurs jours qu’il étaij; à Brunn , lorsqu’il fit rapprocher le- corps <^e Bernadotte; il avait, pour- sentir l’approche d’un événement, un tact qui le rendait le 'maître de la faire tourner comme il lui convenait.

II me fit appeler à la ‘pointe du jour ;• il venait de passer la nuit -sur ses cartes, ses bougies étaient brûlées jusqu’aux flambeaux : il tenait à la main une lettre; il fut quelques mprnens sans me parler,- puis tout à coup il nie dit : Allez -vous -en à Olmutz, vous' remettrez cette lettre à l’empereur de Russie , et vous lui direz qu ayant appris qu il était arrivé à son armée, je vous ai envoyé le saluer de ma part. Il ajouta •- S’il vous questionne , vous savez

ce q v*oq doit répandre en pareille circonstance (i). * / •

.Je quittai ïeinpereur pour gagner nos àvantr-

(i) L’empereur avait reçu la nouvelle du désastreux combat naval de Trafalgar.

L’amiral Villeireçva , après son combat contre l’amiral C«U<t, avait rallié l’escadre du Ferrol et était allé à Cadix avec l’escadre espagnole. L’empereur a'Vait sans doute ordonne au ministre de la mariue dç lui retirer 1er commandement de ses finîtes , cas celui-ci envoya l’amiral Rosilly pour le remplacer. Il eu prévint Villeneuve par un courrier ; y ajoutait-il quelques reproches , c’est ce que j’ignore : mais il fallait hien qu’il y eût quelque chose de semblable , puisque Villeneuve Sortit de Cadix sans but avec les flottes française et espagnole, pour .attaquer l’escadre anglaise, .coptmandée par Néüon. ■ • * • *

L’engagement eut lieu au cap Trafalgar. Nous avions en tout trente vaisseaux ou même trente-un. Lé Anglais n’en avaient pas au-delà de trente-deux ou trente-trois , et cependant nous fûmes non Seulement battus, mais détruits; en résultat , nous perdîmes dix-huit vaisseaux, le reste rentra 'à Cadîx. A la venté ; l’amiral ffelsbYi fut tué dans le combat, mais cçla ne faisait rien à l’honneur des armes. Villeneuve .fat pris dt" emmené- en Angleterre. . 1

L’amiral £spagitbl,Gravinn fut blessé et mourut des suites de sa blessure. Qp reprocha beaucoup à-l’amiral Dumanoir, qui commandait quatre vaisseaux de réserve , d’avoir apiené sans combattre; on jirc tendit que s’il avait attaqué, il aurait réparé les alfaires; il (ut traduit à un conseil de guerre, et acquitté, comme cela était habituel.

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postes, à Wichau, où je pris un trompette, pour me rendre à ceux des Russes , sur la route’ d’Olrfiütz; ijs n’étaient qu’à environ Une lieue des nôtres. . • •

•Je trouvai que nous étions bien avancés à Wichau , 'et hors de notre ligne naturelle; mais les officiers tjui y étaient, devaient le voir et se tenir sur leurs gardes. Je continuai ma route.

Jé fus retenu au premier poste de cosaques , jusqu’à ce* que l’on eût fait prévenir .le prince Bagration, qui commandait l’avant-garde russe, lequel envoya pour me recevoir, le prince Trubetskoï, par qui je fus conduit près de lui. De l'avant-garde, on me mena à Olmutz’, chez le général en chef Kutusow; ce petit voyage se fit la nuit, à travers’ toute l’armée russe, que je vis se rassembler, et prendre les armes à la pointe du jour (r). ' •

g J’arrivai chez le général Kutusow à huit heures du matin; il logeait au faubourg d*Olnuitz ; on ployait tout chez lui. Je vis bien qu’il se disposait à suivre le mouvement de son armée. II rpé demanda la dépêche dont j’étais porteur pour l’empereur Alexandre , én me faisant observér / . : . ; «<>•«’« a j*; rtîit? HÊaNisfê?

(1) Une circonstance m'étonna, c’est que cés 'Russes dormaient pour la plupart déshabillés, et même sans chemise auprès du -feu. Je n’avais jam^s vu semblable bivouac. Nous étions à la fin de novembre. ' '

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qu’il était couché dans la forteresse, et qu’on ne pouvait pas m’en ouvrir les portes. Je lui répondis, que j’avais ordre de la remettre en mah) propre, que je n’étais pas pressé, et que j’attendrais l’heure la plus commode pour l’empereur ; que, s’il devait en être autrement*, je le priais de me faire reconduire à nos# avant-postes, iet que l’empereur Napoléon enverrait ensuite sa lettre par la voie d’un- trompette. Le général Rutusow n’insista pas , et partit , me laissant avec un officier de son état-mâjor. ; ■

Je vis là’une foule de jeunes russes attachés aux différentes branches ministérielles de leur pays , qui-parlaient à tort et à. travers de- l'ambition de la France (i), et qui, dans leurs pro-, jets de la réduire à Fétat de- ne pouvoir plus nûire, faisaient tous le calcul de Perretle et du <pot au lait. - \ \

. J’étais dans une position à devoir souffrir toutes ces balivernes , et n’y répondis pas. Il était dix heures du matin , lorsqu’un mouvement eut lieu dans la rué. Je demandai ce que c’était j on me répondit -. L'empereur lui-même. Il s’arrêta devant la- maison dans laquelle j 'étais, mit pied à terre, et entra ; je n’eus que le temps de jeter

,(i) Les Français pourraient aujourd’hui .parler avec plus de raisou de l’ambition de la ltiissie.. , •

mon manteau , et de tirer de mon portefeuile ma dépêche, avant qu’U fût dans la pièce où l’on me tenait.

. D’un geste il fit sortir tout le monde, et nous restâmes seuls. Je ne pus me défendre d’un sentiment de crainte et de timidité en me trouvant en face d’un aussi magnifique souverain ; il imposait par son air de grandeur et de noblesse. La nature avait beaucoup fait pour lui, et il aurait été difficile de trouver un modèle aussi parfait et aussi gracieux ; il avait alors vingt-six atis. J’éprouvai du regret de le voir engagé personnellement dans d’aussi mauvaises affaires que l’étaient alors celles de l’Autriche; mais aussi je compris toutes les facilités qu’avait eues l’intrigue pour obtenir des succès sur un esprit qui ne pouvait pas encore avoir assez d’expérience pour bien comprendre toutes les difficultés qui existaient pour conduire à bonne fin tout ce qui était à l’horizon politique de l’Europe dans l’hiver de cette année i8o5. Je lui remis ma lettre, en lui disant <f que l’empereur, mon maître, ayant » appris son arrivée à son armée , m’avait chargé » de lui porter cette dépêche, et de venir le saluer » de sa part. » L’empereur Alexandre avait déjà l’ouïe un peu dure.du côté gauche : il approchai* l’oreille droite pour entendre ce qu’on lui disait.

Il parlait par phrases entrecoupées ; il arti-

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cillait assez fortement ses syllabes , de sorte que son discours n’était jamais long. Au reste, il parlait la langue française dans toute sa pureté, sans accent étranger, et employait toujours ses belles expressions académiques. Comme il n’y avait point d’affectation dans son langage, on jugeait aisément que c’éÇait un des résultats d’une éducation soignée.

L’empereur, prenant la lettre, 'me dit : « Je a suis sensible à la démarche de votre maître ; « c’est à regret que je suis armé contre lui, et je « saisirai avec beaucoup de plaisir l’occasion de « ie lui témoigner. Depuis long -temps, il est « l’objet démon admiration. »

Puis, changeant de sujet, il me dit : «Je vais tt prendre connaissance du contenu de sa lettre, « et vous en remettrai la réponse. »

Il passa dans une autre pièce, et me laissa seul dans celle où j’étais. Il revint après une demiheuré, et tenant sa réponse l’adresse en dessous, il commença ainsi :

« Monsieur, vous direz à votre maître que les « sentimens exprimés dans sa lettre m’ont fait «beaucoup de plaisir; je ferai tout ce qui dé- « pendra de moi pour lui en donner le retour. 1 Je ne suis point disposé à être son ennemi ni « celui de la France. Il doit se rappeler que du « temps de feu l’empereur Paul , n’ètant encore

« que grand-duc, lorsque les affaires de la France « éprouvaient de la contrariété et ne rencon- « traient que des entraves dans la plupart des « cabinets de l'Europe^ je suis intervenu , et ai « beaucoup contribué, en faisant prononcer la « Russie , à entraîner par son exemple toutes les « autres puissances de l’Europe à reconnaître « l’ordre de choses qui était établi chez vous. Si « aujourd’hui je suis dans d’autres sentiuiens , « c’est que la France a adopté d’autres principes, « dont les principales puissances de l’Europe ont « conçu de l’inquiétude pour leur tranquillité. Je « suis appelé par elles pour ooncourir à établir « un ordre de choses convenable et rassurant «.pour toutes. C’est pour atteindre ce but que je a suis sorti de chez moi. Vous avez été aduiira- « blement servi par la fortune, il faut l’avouer; « mais en allié fidèle je ne me séparerai pas du « roi des Romains (il désignait l’empereur d’Alle- « magne), dans un moment où son avenir repose « sur moi. Il est dans une mauvaise situation , « mais pas encore sans remède. Je commande à « de braves gens; et si votre maître m’y force, je « leur commanderai de faire leur devoir. » Réponse. « Sire, j’ai bien retenu ce que Votre « Majesté vient de me faire l’honneur de me «dire. Je prends la liberté de lui faire observer « que je n’ai près d’elle aucun caractère , ni n’ai

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« d’autre mission que de lui apporter une lettre; « mais Votre Majesté me parle d’événemerrs et de « circonstances qui me sont connus; j’ai traversé « la révolution de mon pays, et si elle daigne me « préciser ce qu’elle vient de me faire l’honneur « de me dire, je pourrai la satisfaire sur beaucoup « de points. Je crois être sûr que l’empereur est « plus que disposé à la paix; la démarche qu’il « fait en ce moment pourrait en être une preuve, « indépendamment de tout ce que je dirais à « l’appui. »

L’empereur. «Vous avez raison; mais il feu- « drait que les propositions qui l’ont précédée « fussent conformes aux sentimens qui ont dicté « cette démarche. Elle fait le plus grand honneur « à sa modération ; mais est-ce vouloir la paix « que de proposer des conditions -aussi désas- « treuses pour un État que celles qui sont of- « fertes au roi des Romains ? Je vois que vous ne « les connaissez pas. »

Réponse. « Non, sire; mais j’en ai ouï parler. »

L’empereur. « Eh bien ! si vous les connaissez, « vous devez convenir qu’elles ne sont pas ac- « ceptables. »

Réponse. « Sire, le respect m’impose ici un de- « voir que j’observe ; mais puisque Votre Majesté «veut bien m’écouter, j’aurai l’honneur de lui « faire remarquer que l’empereur ne demande

« fien qui soit au-delà des prétentions qu’il peut « appuyer, et qui sont le résultat d’une situation « amenée par des événemens qu’il n’avait pas pro- « voqués. Il se croyait dans une paix profonde , « surtout avec l’Autriche ; il était entièrement « absorbé par le travail que lui donnait son ex- « pédition d’Angleterre : il est tout à coup dé- « tourné de cette occupation , obligé d’abandon- « ner les dépenses énormes qu’il a faites, et d’en « ordonner de nouvelles pour soutenir une guerre « que l’on commence sans déclaration préalable, « au point que, sans un accident survenu à une a de nos flottes , il eût été possible que notre « armée se fût trouvée en Angleterre , lorsque « les Autrichiens auraient paru sur le Rhin. La « fortune couronne les efforts de l’empereur, et « le met en possession de toutes les ressources « de la monarchie autrichienne. Son armée n’a « encore éprouvé que des pertes insignifiantes, a Dans cette situation , qu’a-t-il à craindre des « suites de la guerre ? Si elle se prolonge , elle « ne peut qu’augmenter sa puissance. En admet- « tant qu’il perde une bataille, elle n’aurait pas « de conséquence bien fâcheuse pour lui. C’est « aujourd’hui Vienne qui est sa capitale : son ar- « mée n’a plus rien de commun avec la frontière « de France. Mais si l’Autriche éprouve une dé- « faite, sire, quelles peuvent en être les suites?

« Sur quoi établira-t-on les négociations? Si donc, « dans cette situation, l’empereur fait le premier « des ouvertures de paix, on ne peut en soup- * çonner la sincérité. Il a cru devoir. fqire le pr&- « mier pas, pour ménager la dignité de sa partie « adverse; mais il veut une paix durable avec de « bonnes garanties. »

L’empereur. '« C’est précisément pour obtenir « une paix durable qu’il faut proposer des con- « ditions raisonnables , qui ne blessent point. « Sans cela, elle ne peut être durable. »

Réponse. «Oui, sire; mais il ne faut point « faire la guerre à ses dépens Que Votre Majesté « considère ce que l’empereur perd par son dé- « part de Boulogne; quelle circonstance il man- « que pour la fin de la guerre d’Angleterre; le « temps inutilement employé, et enfin , sire, la « flotte qu’d vient de perdre par une suite de a tout cela. Que dirait la nation , si elle ne voyait « pas de compensations de l’inutilité de tous les « sacrifices qui lui ont été imposés pour une « opération dont le succès était lié à son existe tence ? Ensuite quelle garantie de plus lui don- « nera-t-on, pour la durée de cette paix, qu’on « ne lui avait donné pour -la durée de la précé- « dente, qui cependant a été rompue d’une maie nière jusqu’à présent sans exemple ?

« Il me semble que, quelle que soit la paix que

« l’empereur fasse avec l’Autriche , il n’y a que « les alliés de cette puissance qui y gagneront, et « quant à lui , il en sortira toujours avec des « pertes réelles : le seul avantage qu’il puisse eu a retirer, c’est la diminution de la puissance de u son ennemi. »

L’empereur, a C’est précisément cette dispo- « sition à diminuer la puissance de ses voisins a et à augmenter la sienne qui inspire de la « crainte à tout le monde, et lui suscite conti- « nuellemeut des guerres. Vous êtes déjà une « nation §i forte par vous-mêmes , par votre « réunion sous les mêmes lois , par l’uniformité « de vos habitudes et de votre langage , que « vous inspirez naturellement de l’effroi. Qu’a- « vezrvous besoin de vous agrandir continuelle- « ment ? »

Réponse. « Je ne comprends pas ce que Votre « Majesté veut me dire par nos agrandissemens v continuels , et hormis Gênes , je ne sache pas o que nous ayons acquis un arpent de terre au- « delà de ce qui a été concédé et reconnu par « nos traités de paix , que nous avons été obligés « de sceller deux fois de notre sang, Si c’est là- « dessus que l’on veut revenir., c’est un compte à « ouvrir de nouveau , quoique cette première « querelle de la révolution , dans laquelle nous « n étions pas agresseurs, ait été jugée sur tant

« de champs de bataille ; nous ne craindrons pas « de nous y présenter de nouveau. Jene voisque « Gènes que nous ayons acquis depuis le traité o de Lunéville. »

L’emporeur. a Gènes d’abord, et ensuite l’Ita» « lie, à laquelle vous avez donné une forme de « gouvernement qui la met sous vos lois. »

Réponse. «Je puis répondre à cela, sire, que « nous avons pris Gênes malgré nous. » L’empereur. « Qui vous y obligeait ? »

Réponse. «Sa position, et sa situation morale « et physique. Votre Majesté serait dans l’erreur, « si elle supposait qu’il y a eu un calcul d’intérêt « ou d’ambition dans cette réunion.

« Gènes, depuis long-temps, n’avait plus que « ses palais de marbre ; depuis plus longtemps u encore , cette petite république ne vivait que « des capitaux' acquis dans un commerce au- « trefois considérable , mais presque anéanti de- « puis par la faiblesse d’un gouvernement qui « ne pouvait plus protéger sa navigation , même « contre les Barbarçsques; elle en était , sous ce « rapport, au même point que Venise.

« Avant notre entrée en Italie , Gênes n’avait « plus que son nom et son antique réputation ; « son port devenait nul pour elle par le blocus « des Anglais, que nous avions exclus de sa fréu quentation.. Son territoire était presque aussi

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« nul , cômparativement au besoin de sa popu- « lation , et comme nos douanes bordaiènt sa « frontière , les Génois étaient de tous côtés ente tourés de difficultés. ■

» Ajoutez à cela que la bonté de son port « et l’étendue de sa fortification , qui ‘peut con- « tenir une armée , lui attiraient une garnison « étrangère , que lui envoyait la puissance prince cipale, dès-que la guerre commençait en Italie.

« Placée ainsi entre* tous les inconvéniens de « sa position , et n’ayant aucun des avantages de « la protection d’une grande puissance , elle de- « vait, ou compléter sa ruine, ou se jeter dans « les bras d’un protecteur. Je demande à Yotre a Majesté qui elle pouvait choisir pour éviter les « inconvéniens que je viens de citer ?

a Nous avons pris Gènes avec son actif et son « passif; ce dernier était supérieur à l’autre. Il en « est résulté conséquemment une charge pour « notre trésor public.

« Si la réunion de Gênes avait été un calcul « d’ambition , on n’eût pas tant tardé à le faire , « parce qu’on s’aperçoit toujours de ce qui bous « est le plus avantageux. Alors, dans nos diffé- # rentes transactions avec l’Autriche , nous étions « en position d’y placer cette stipulation , à lace quelle elle n’aurait pas pu nous faire re- « nbneer.

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« Quant à l’Italie, j’ai un argument plus fort « encore. Elle est tout entière notre conquête ; « nous l’avons arrosée de notre sang; deux fois « elle a retrouvé sa liberté et son existence polia tique par nos efforts. Si elle a commencé par « une forme républicaine , c’était pour être en « harmonie avec sa puissance conservatrice. Les « deux cbangemens qui ont eu lieu depuis sont « une conséquence de l’intérêt qui l’associa à nos « destinées. Elle a les mêmes lois , les mêmes « usages et les mêmes réglemens administratifs « que la France. Nous nous sommes réciproque- « ment communiqué ce que nous avons cru de- « voir adopter de nos habitudes, et si , en dernier « Heu , elle a dû adopter une forme de gouver- « nement monarchique, comme venait dé le faire o la France , ne devait-elle pas choisir un monar- « que puissant, de l’appui duquel un État nouveau r a toujours besoin ? Dans ce cas , elle n’avait à » opter qu’entre l'Autriche et la France.

r Nous venions de nous battre dix ans pour « la conquérir, l’agrandir, l’arracher partie par « partie aux Autrichiens, la constituer ; eussions- « nous souffert un choix qui aurait détruit notre « ouvrage ? Si l’Autriche n’a pas renoncé à l’Ita- « lie , nous nous battrons encore pour celle-ci , et « si elle y a renoncé de bonne foi, peu lui importe « comment 1’ltalie se gouverne.

a Quant à elle , pouvait-elle , ayant bçsoin d’un o protecteur, ne pas remettre avec confiance ses « destinées dans la main de son fondateur et de « son régénérateur, intéressé plus que personne a au sort des contrées qui sont le berceau de sa « gloire ?

« d’empereur, en m’envoyant près de VotreMa- « jesté, était bien loin de se doutervjue la guerre « prenait sa source dans ces questions; et si elles a en sont le motif, non seulement je n’entrevois « pas la possibilité de faire la paix , j’entrevois » au contraire une guerre universelle. »

L’empereur. « Ceci n’est pas mon intention , « et si celle de votre maître est telle que chacun « puisse y trouver sa sécurité , il joindra à ses « immenses travaux la plus grande de toutes les « gloires, celle d’avoir mis fin à tant de calamités « en faisant le sacrifice des avantages auxquels il « pouvait prétendre; et je suis persuadé qu’il ne « sera pas insensible à la reconnaissance qu’on lui « portera pour avoir fait, par sa modération, ce « qu’il aurait pu arracher par la force. »

Réponse. « Je lui rapporterai exactement ce « que Votre Majesté me fait l’honneur de me « dire; mais je la prie de considérer que c’est « pour la troisième fois que nous traitons avec « l’Autriche ; que dans la deuxième transaction , «où nous pouvions beaucoup, nous n’avons

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«imposé. pour condition que la ratification de « la première. Si cette fois nous nous en tenons a encore là, qui nous dit que, dans une circon- « stance que l’on croira favorable, on ne revien- « dra pas encore sur cette question ? »

L’empereur. « C’est donc pourquoi il faut « adopter des idées "raisonnables et renonçer à « une domirfation inquiétante pour tous vos a voisins. »

Réponse, a Alors c’est la révision de tout ce « qui a été fait depuis dix ans ; or, si l’on nous a demande cela dans la situation où .nous som- « mes , nous pouvons augurer de ce qu’on nous « aurait imposé , si nous avions été vaincus ; « nous devons par conséquent profiter aussi des « faveurs de la fortune et former des deman- « des proportionnées à celles qu’on nous aurait a faites.

« Ce n’est pas nous qui avons suscité ni com- « mencé la guerre : elle nous a été heureuse , « nous ne devons pas en supporter les frais , et « je suis bien persuadé que l’empereur n’y sou- « scrira pas.

L’empereur. «Tant pis, parce que, malgré le « cas particulier que je fais de son talent , et le « désir que j’ai de pouvoir bientôt me rappro- « cher de lui, il m’obligera d’ordonner à mes « troupes de faire leur devoir. »

‘Réponse. « Cela pourra être fâcheux; mais « nous né serons pas venus de si loin pour éviter a l’occasion de leur donner une noilvelle preuve « de notre estime. Nous nous flattons qu’elle « ne diminuera rien delà bonne opinion qu’elles a ont emportée de nous. Si cela doit être, je prie « Votre Majesté de considérer que je né suis a point venu près d’elle comme un observateur , # et combien elle me ferait de tort, si, usant de sa puissance, elle me retenaitet me privait ainsi «de l’occasion de remplir mon devoir, si les « armées doivent se mesurer. »

L’empereur. « Non , non; je, vous donne ma a parole que vous ne serez pas retenu, et que vous « serez reconduit chez vous ce soir même. »

La conversation finissait; l’empereur me remettant sa réponse à la lettre que je lui avais apportée, .tenant toujours l’adresse en dessens , il me dit : « Voici ma réponse ; l’adresse ne porte « pas le caractère qu’il a pris depuis. Je n’attache « point d’importance à ces bagatelles ; mais cela « est une règle d’étiquette, et je la changerai avec « bien du plaisir aussitôt qu’il m’-eâ aura fourni «l’occasion. v. .

Je lus l’adresse qui portait ces mots : « Au « chef du gouvernement français. »

Je lui répondis: « Votre Majesté a raison; cela « ne peut être qu’une règle d’étiquette , et l’em-

« pereur aussi ne la jugera pas différemment. « Comme général en chef de l’armée d’Italie, il « commandait déjà à plus d’un roi; content et « heureux du suffrage des Français, ce n’est que « pour eux qu’il trouve de la satisfaction à,étre « reconnu. Néanmoins je lui rendrai compte des « dernières paroles de Votre Majesté. »

Il me donna congé : je fus conduit plus tard par la route de Ërunn à quatre ou cinq lieues de là, dans un bourg d’où l’empereur de Russie venait de partir, mais où toute sa chancellerie était encore. On m’y garda Èe reste de la journée; pendant Ce temps, je vis passer les gardes russes , qui arrivaient de Saint-Pétersbourg à l’armée. C’était une troupe magnifique , composée d’hommes énormes, et qui ne paraissaient pas trop fatigués d’un aussi long voyage.

Vfers le soir , M. de Nowosilsow , attaché aux relations extérieures de Russie, vint me faire connaître que l’empereur de Russie était parti pour- l’armée , et qu’il avait donné ordre au prince Adam Czartorinski , son ministre des relations extérieures, de me faire reconduire à nos avant-postes; que, d’après ce que j’avais dit à l’empereur , il avait jugé à propos de me faire accompagner par lui ( M. de Nowosilsow ) , afin de connaître les intentions de notre empereur; que, dans tous les cas, il fallait que lui,

Dü DUC DE ROVIGO.

M. de Nowosilsow, s’abouchât avec M. de Haugwitz , ministre du roi de Prusse^ qui devait être à Brunn , ou sur le point d’y arriver, et que la mission de'M. de Haugwitz près de l’empereur exigeait préalablement que lui, M. deNowosilsow, eût Une conférence avec ce ministre prussien. ■

Cette étrange communication ne pouvaitm’èntrer dans l’esprit. Il aurait fallu que je me prêtasse à des facilités de rapports entre les ministres de Prusse et de Russie; je ne pus m’empêcher d’en rire , et je répondis à M. de Nowosilsow que , si son cabinet voulait l’envoyer en mission près du nôtre, il y avait des formes et des usages pour cela; qu’il les connaissait bien ; que quant à moi, si on m’obligeait à l’emmener , je lui déclarais que je le déposerais au premier poste de nos troupes , où il resterait jusqu’à ce que j’eusse pu instruire l’empereur de. son arrivée , et qu’il eût reçu l’autorisation de pousser jusqu’au quartier-général.

Comme cela faisait manquer à M. de Nowosilsow le but qu’il se proposait, il abandonna l’idée de m’accompagner plus loin que Vichau, où l’armée russe entière s’était postée , après en avoir chassé notre avant-garde et lui avoir fait quelques centaines de prisonniers.

On. me mena à Vichau, chez l’empereur de Russie, qui était dans le même appartement où

iga. MÉMOIRES

j’avais laissé notre général d’avant-garde l’avantveille; il ne me reçut point, et me fit conduire à nos -avant-postes.

Je les trouvai à moins d’une portée de -canon de ceux des Russes, et quoiqu’il fût nuit, l’on me permit de repasser dans notre armée. Mon trompette sonna ; cela était contre l’usage, néanmoins on vint me reconnaître et me recevoir ; je renvoyai l’escorte russe , et ma fis conduire près de l’empereur. Il avait été toute la journée à cheval sur le terrain où s’était passée cette affaire d’avant-garde, et il était, encore dans la maison de poste de Posoritz à six cents toises de ses dernières .vedettes , lorsque je le rejoignis. .

Il ne concevait pas'qu’on eût peripis mon retour à cette heure-là ; je lui remis la lettre de l'empereur de Russie, et lui rendis compte mot pour mot de. tout ce qu’il m’avait dit.

J’y ajoutai ( comme ma propre observation ) que. toute la jeunesse russe de la plus grande qualité était là, qu’elle ne respirait que bataille; que je regardais l’action comme inévitable, à moins qu’il ne trouvât à concilier les affaires, conforirfémentuu désir qu’on manifestait ( je faisais allusion à l’empereur de Russie ).

Il rêva quelque temps ; puis rapprocha ce que lui avait dit à Ulm le maréchal Mack de ce que je

ig3'

lui rapportais (1). Tout cela déroulait devant lui l’existence de bien singuliers projets ; il s’étonnait toujours de n’en avoir rien appris auparavant par son ministre des relations extérieures* 11 me prit à part, et me dit : « Prenez un trom- « pette , et faites en sorte de retourner chez « l’empereur de Russie; vous lui direz que je lui « propose une entrevue demain, à l’heure qui « lui conviendra, entre les deux armées, et que, « bien entendu , il y aura, pendant ce temps-là, « une suspension d’armes de vingt-quatre heures.»

Je partis, après avoir donné quelques autres détails à l’empereur, à la suite desquels il fit commencer le mouvement rétrograde qu’il avait préparé; pour aller prendre la position, qu’il

(1) L’empereur venait de recevoir de M. Delaforest , son ministre à Berlin , l’avis que la cour de Prusse avait pris parti pour les coalisés, et qu’elle envoyait M. de Haugwilz à son quartier- général pour le lui signifier. Le ministre arriva effectivement à Brunn peu de jours après moi ; comme l’empereur avait déjà bien assez d’ennemis sur les bras, il ne voulut pas donner à la Prusse l’occasion de se compromettre encore. Il renvoya M. de Hfugwitz à son ministre des relations extérieures , qui était à Vienne , et auquel il écrivit en conséquence, bien persuadé que , si la bataille qu’il se disposait à livrer était heureuse , les affaires de la Prusse s’arrangeraient facilement , et que , si au contraire il 1* perdait , sa position ne serait pas plus mauvaise. Cette position se trouvait dans l’intérêt de la Prusse.

avait reconnue et adoptée comme définitive

quelques jours auparavant.

Depuis mon premier départ pour le quartiergénéral de l’empereur de Russie, il avait ordonné la réunion de l’armée, et il attendait dans la journée du lendemain tout ce qu’il avait de troupes sur la rive gauche du Danube , même le corps de Bernadotte, qu’il avait rappelé d’Iglau , où il n’avait laissé que le général bavarois Wrede avec les troupes de cette nation.

Je rentrai aux avant-postes russes environ deux heures après que j’en étais sorti; comme on me reconnut (on n’avait pas même relevé les vedettes ), on me reçut , et on me conduisit chez le général commandant l’avant-garde sur ce point, qui ne crut pas devoir se permettre de me faire conduire ailleurs que chez le prince Bagration, son chef immédiat. Je fus donc promené la nuit, à cheval , de bivouac en bivouac, chez le prince Bagration , que nous trouvâmes enfin, et qui ne voulut pas m’envoyer à l’empereur de Russie sans la permission du général en chef. La nuit s’écoulait; il n’y avait pas trop de temps pour préparer l’entrevue qui devait avoir lieu le lendemain. Je me déterminai à écrire, du lieu où j’étais , un billet ainsi conçu :

« Au prince Czartorinsjû.

« Prince,

« A peine étais-je sorti des avant-postes russes , « que j’y suis rentré porteur d’une conjmuniça- « tion verbale pour Sa Majesté l’empereur de « Russie; elle est de nature à être suivie d’expji- « cations que je ne crois pas devoir écrire , et je « ne pense pas que Votre Excellence puisse pren- « dre sur elle d’y répondre, ni de m’empêcher de «parvenir jusqu’à l’empereur. Du moins, je « prends acte de la communication que j’ai l’hon- « neur de lui faire, afin que, dans aucun cas, on « ne puisse m’imputer les événemeps qui pour- « raient être la suite d’un refus de m’entendre.

« Je suis , etc. »

Ce billet fut porté à Vichau.au prince Czartorinski , par un officier de l’état-major du prince ' Bagration , qui rapporta l’ordre de me faire conduire chez le général de cavalerie Wittgenstein , dont le quartier était sur la grande route très près de Posorlitz. J’y arrivai comme le jour commençait, et je n’y attendis pas plus d’une heure.

L’empereur de Russie vint lui -même. Il se portait en avant , et pendant que j’étais chez le général Wittgenstein , on vint lui rendre compte

que nous nous retirions. Tous les jeunes gens

qui étaient là croyaient réellement que nous

avions peur, et que nous cherchions à leur

échapper.

L’empereur entra, et me demanda de quelle mission j’étais chargé.

« Sire, répondis-jer j’ai rapporté fidèlement à «l’empereur tout ce que Votre Majesté m’a fait « l’honneur de me dire hier. Il m’a chargé de ve- « nir près de Votre Majesté, et de lui faire con- « naître le désir qu’il a de la voir. En consé-^ « quénce, il lui propose une entrevue aujourd’hui « entre les deux armées. L’empereur se confor- « mera aux désirs de Votre Majesté pour l’heure, « le lieu et le' nombre de personnes doht chacun « des souverains devra être accompagné. Seule- « ment il y met une condition préalable : c’est « qu’il sera tacitepient convenu d’un armistice « de vingt-quatre heures à cette occasion.

a Votre Majesté jugera elle-même de la sincéa rité des intentions de l’empereur, et elle pourra « se persuader qu’il n’a aucune raison de crain- « dre un événement que peut-être des hommes «irréfléchis voudraient hâter, sans s’inquiéter « des conséquences qui pourraient en résulter. » L’empereur. « J’accepterais avec plaisir cette a occasion de le voir, si j’étais persuadé que ses « intentions fussent telles que vous me les an-

« noncez. Dîailleurs, le temps est trop court pour «se voir aujourd'hui. Je voudrais, avant de me a rendre à cette entrevue , voir le roi des Ro- « mains, qui se trouve assez loin d’ici, et, en « deuxième lieu , il est inutile que je me mette « en rapport avec lui, si je ne dois pas en revenir « satisfait. »

Réponse. « Mais en quelles mains plus sûres « Votre Majesté peut-elle mettre ses intérêts que « dans les siennes propres ? Il me semble qu’elle « réglera mieux tout ce qui la concerne que ne « feraient des tiers ; au moins il ne lui restera « aucune arrière-pensée. »

L’empereur. « J’ai particulièrement un grand « désir de le voir et de terminer tous les diffé- « rends qui nous séparent. »

Puis changeant de conversation, il me dit : « Je « vais vous faire accompagner par un homme « qui possède ma confiance entière. Je lui don- « nerai une mission pour votre maître; faites en « sorte qu’il le voie : la réponse qu’il rapportera « me décidera , et vous vous ferez particulière- « ment beaucoup d’honneur en contribuant à « arranger tout ceci. »

Réponse. «Puisque Votre Majesté l’ordonne’,

« j’emmènerai qui elle voudra ; mais le succès de « ce qu’elle désire dépendra beaucoup du carac- « tère particulier de la personne qu’elle enverra. »

L’empereur. «C’est le prince Dolggrouki, mon « premier aide-de-camp. C’est celui dans lequel « j’ai le plus de confiance, le seul auquel je puisse « donner cette mission. »

Il le fit appeler : je me retirai pendant qu,’il lui donna ses ordres.

L’empereur sortit , en nous donnant congé à tous deux : nous partîmes pour les avant-postes français* qtti étaient si près, que les vedettes se voyaient et pouvaient se parler entre elles.

Je laissai le prince Dolgorouki à notre grand’garde * et je courus rendre compte à l’empereur de ce que j’avais fait.

Il était à se promener dans les bivouacs de l’infanterie, au milieu de laquelle il avait couché sur la paille.

Son désir de faire la paix était porté au point que * sans me donner le temps d’achever , il mohta à cheval , et courut lui-même à la grandgarde; son piquet d’escorte eut de la peine à le suivre. Il mit pied à terre, fit retirer tout le monde, et se promena seul sur la grande route avec le prince Dolgorouki.

La conversation s’anima bientôt et devint assez vive; il paraît que le prince Dolgorouki avait manqué de tact dans la manière de rendre ce dont il était chargé , car l’empereur lui répondit avec sécheresse : « Si c’est là ce que vous aviez

« à me dire, allez rapporter à l’empereur Alexan- « dre que je ne croyais pas à ces dispositions « lorsque je demandais à le voir ; je ne lui aurais « montré que mon armée, et je m’en serais rap- « porté à son équité pour les conditions ; il le «veut, nous nous battrons, je m’en lave les « mains. »

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