‹ Memoires du Duc de RovigoChapitre 35 sur 61 · Ç MÉMOIRES · texte numérisé non relu

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ou l’autre de ces circonstances, il eût été im* possible que je me fusse trouvé en situation de prétendre qu’alors « cela me regardait. »

Or, le véritable jugement rendu à Ÿjneennes, celui- qui a été exécuté, ne porte pas qu’on ait rouvert la séance publique , ce qui en effet n’a pas eu lieu. Le général Hullin n’avait pas cru devoir recourir à ce simulacre Au contraire, il y

est déclaré qu’on a fait, clos et jugé, sans désemparer , pour être exécuté de suite , moyennant la seule lecture de la sentence, par le capitaine-rapporteur , en présence des différons détachemens de troupes de la garnison.

H m'aurait donc été impossible de connaître la teneur du jugement par sa lecture en séance publique , puisqu’elle n’avait pas eu lieu, et par conséquent de répondre au général Hullin , en kù enlevant la plume .des mains : Cela me- regarde maintenant.

-Quant aux instructions qui auraient été données à la commission de me déférer la sentence après l’aVoir , rendue pouF la faire exécuter , même alors quelle n’aurait pas ordonné l’exécution instantanée ( car il aurait fallu, tout cela pour que la version du général eût quelque vraisemblance), par quelle voie, dans-quel document auraient-elles été données ces instructions et pair quM’auraient-elles été? Aucune mention

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n’en est faite dans, la pièce unique du profits* 'y l’arrêté du 29 ventôse ; il en est de même danâ l’ordre du gouverneur de Paris , portant nomination des membres de la commission ; enfin , il n’en est nullement question dans aucune des deux rédactions du jugement. »

b.a commission , ou , si l’on vêtit., son président, ne m’avait donc pas soumis la sentence qùt venait d’être rendue , et dès lors je ne pouvais me permettre de prétendre , et moins encore de souscrire à ce que la volonté arbitraire de son subordonné enchaînât sa volon té légale. Car, allons plus loin, admettons un instant que la version tardive du. général Hullin soit vraie ; admettons que, subordonné que jetais > j’aie voulu non seulement désobéir à mon supérieur, ce qui eût été manquer à la discipline , hiais encore lui forcer la main , ce qui eût été presque i*ne rébellion , comment le général Ilnllitt se justifierait ril de ne m’avoir pas feit arrête* sur-le-champ , ou au moins comment n’aurait -il pas. porté plainte centre moi? L’a-t-il fait? Bien plus , à qui a-t-il jamais fait part de «on ressentiment à ce sujet? Assurément , ce n’est ïjt"à l’empereur ni à moi» Ce ne serait donc qn’ après la restauration que le général Hullin Se sertît souvenu d’un fait aussi grave y la mémoire lui serait revenue comme les regrets, tout jnstelort-

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qu’on les aurait éveillés par des inquiétudes

pour son avenir.

Il croyait, dit-il , que j’avais des ordres; mais alors il aurait dû m’en demander préalablement l’exhibition, et certes il en parlerait aujourd’hui. Lui, mes adversaires, ou les ennemi» de l’empereur ne garderaient pas le silence à ce sujet. Mais cette question est de celles auxquelles le bon sens seul peut répondre. Quelles instructions aurais-je pu recevoir dans la situation où j’étais placé?

Enfin, pour dernier grief, quelques personnes m’ont blâmé d’avoir voulu chercher à justifier le premier consul aux dépens du ministre des relations extérieures ; je pourrais à plus juste titre reprocher à mes adversaires d’avoir constamment cherché à se justifier aux dépens de l’èmpereur. A,u surplus , à cette imputation ou à tout autre de mênf|e nature, je n’ai qu’un mot à répondre, c’est que je n’ai jamais cru que la chute de Napoléon et sa mort m’aient dégagé de la reconnaissance que je lui dois ; c’est sué ce sentiment que j’ai basé ma conduite , et j’ai cru en cela ne remplir qu’un devoir.

En résHtné , et pour ne plus parler de cètte affaire , tout se rédu>t à quelques questions très simples , auxquelles le public peut atijourd’hui répondre.

DU DUC DE ROVIGO. 4a !

Par qui l’arrestation du prince a-t-elle été suggérée ?

Par qui a-t-il été jugé ?

Par qui a-t-il été condamné ?

Par qui l’acte a-t-il été signé ?

Les documens qui suivent , et surtout la correspondance de M. le duc Dalberg, aideront le lecteur à résoudre ces questions.

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