MORT DE M"* DE GUISE
faite à Texcès, elle avoit mieux aimé épouser le dernier duc de Guise, en mai 1667, que de ne se point marier. Monsieur, son père, frère de Louis XIU, étoit mort en 1660. Madame, sa mère, qui étoit sœur de Charles IV, duc de Lorraine, et que Monsieur avoit clandestinement épousée à Nancy en 1632, dont Louis XIII voulut si longtemps faire casser le mariage, et qui ne put venir en France qu'après sa mort, étoit morte en 1662. Madame de Savoie, sœur du même lit, et cadette de M"* de Guise, étoit morte sans enfants en 1664, et son autre sœur du même lit et Taînée étoit revenue dans un couvent en France, sans aucune considération, après avoir quitté ses enfants et son mari, le grand-duc de Toscane, qui ne put jamais l'apprivoiser. M"* d'Alençon, c'est ainsi qu'on appeloit M"* de Guise avant son mariage, avoit plus de vingt ans, étant née 26 décembre 1646. Elle étoit fort maltraitée par Mademoiselle, sa sœur, unique du premier lit, puissamment riche, et qui n'avoit jamais pu digérer le second mariage de Monsieur, son père, ni souffrir sa seconde femme ni ses Mes. Dans cet état d'abandon, comptée pour rien par le Roi et par Monsieur, ses seuls parents paternels (car la branche de Condé étoit déjà fort éloignée), elle se laissa gouverner par M"* de Guise, qui tenoit par ses biens et son rang un grand état dans le monde, et qui s' étoit soumis toute la maison de Lorraine. C'étoit de plus une personne de beaucoup d'esprit et de desseins, et fort dignes * des Guises, ses pères. Elle avoit perdu tous ses frères, desquels tous il ne restoit d'enfants que le seul duc de Guise, né en août 1650. Il y avoit un grand inconvénient: sa mère étoit à peu près folle dès lors, et ne tarda pas à la devenir tout à fait. EUe étoit fille unique et héritière du dernier duc d'Àngoulême, fils du bâtard de Charles IX et d'une la Guiche, de laquelle j'ai déjà parlé, chez qui ma mère fut mariée.
M^ de Guise, malgré ce grand contredit, entreprit cette