MORT DE M** DE BURAMION
emporta la tête. M. de Saint-Geran étoît court, gros et entassé, avec de gros yeux et de gros traits qui ne promettoient rien moins que Tesprit qu'il avoit. Il avoit été auprès de quelques princes d'Allemagne, lieutenant général, chevalier de Tordre en 1688, fort pauvre, presque toujours à la cour, mais peu de la cour quoique dans les meilleures compagnies. Sa femme, charmante d'esprit et de corps, Tavoit été pour d'autres que pour lui ; leur union étoit moindre que médiocre. M. de Seignelay entre autres Favoit fort aimée. Elle avoit toujours été recherchée dans ce qui l'étoit le plus à la cour, et dame du palais de la Reine, recherchée elle-même dans tout ce qu'elle avoit, et mangeoit avec un goût exquis et la délicatesse et la propreté la plus poussée. Elle étoit fille du frère cadet de M. de Blainville, premier gentilhomme de la chambre de Louis XI II, à la mort duquel sans enfants mon père eut sa charge. Sa viduité ne l'affligea pas. Elle ne sortoit point de la cour, et n'avoit pas d'autre demeure. C'étoit en tout une femme d'excellente compagnie et extrêmement aimable, et qui fourmiUoit d'amis et d'amies.
Qn perdit en même temps M*""" de Miramion, à soixantesix ans, dans le mois de mars, et c'en fut une véritable K Elle s'appeloit Bonneau, et son père le sieur de Rubelle, de fort riches bourgeois de Paris. Elle en avoit épousé un autre, d'Orléans, fort riche aussi, dont le père avoit obtenu des lettres patentes pour changer son sale et ridicule nom de Beauvit, en celui de Beauharnois. ËUe fut mairiée et veuve la même année, en 1645, et demeura grosse d'une fîlle, qu'elle maria à M. de Nesmond, qu'elle vit longtemps président à mortier à Paris, et qui n'eut point d'enfants. Mme de Miramion veuve, jeune, belle et riche, fut extrêment recherchée de se marier sans y vouloir entendre. Bussy Rabutin, si connu par son Histoire amoureuse des Gaules et par la profonde disgrâce qu'elle lui attira, et encore plus par la vanité de son esprit et la bassesse de sod
i. Et ce fut une yéfitable porte.