C'est le 20 août 1648 que la bataille de Lens fut livrée
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bayes, et Tambassade de Venise en 1659, où il se soutint très-dignement, avec sagesse, mais fermeté, contre la prétention du nonce Altoriti, qui lui disputa Y Excellence et le rochet découvert devant lui, parce qu'à la manière d'Italie il couvroit le sien du mantelet. Il passa de là à l'ambassade d'Espagne, en 1661, où il étoit lors de l'insulte du baron de Batteville au comte, depuis maréchal d'Estrades, pour la préséance à Londres; et ce fut ce prélat qui fit à Madrid toute la négociation par laquelle il fut arrêté que l'ambassadeur d'Espagne déclareroit solennellement au Roi que son maître lui cédoit partout la compétence, et qu'en aucun lieu les ambassadeurs d'Espagne ne disputeroient le pas ni la préséance aux ambassadeurs de France, ce que le marquis de la Fuentes vint exécuter à Paris comme ambassadeur extraordinaire d'Espagne, en 1662. Monsieur d'Embrun servit en cette occasion avec une grande fermeté et dextérité. Pendant cette ambassade, il eut l'ordre du Saint-Esprit, en la promotion de 1661. Il eut grande part à la fortune de son frère, qui lui déféroit beaucoup. Il passa à Metz en 1668, avec tout ce qui lui fallut de Rome pour conserver le rang et les honneurs d'archevêque. Le Roi lui parloit toujours, et plaisantoit avec lui ; il mettoit d'autres seigneurs en jeu, et cela faisoit des conversations souvent fort divertissantes. On l'attaquoit fort sur son avarice : il en rioit le premier; et jjamais le Roi ne le put réduire à porter un Saint-Esprit sur sa soutanelle comme les autres : il disoit que celui du manteau suffisoit, que la soutanelle étoit comme la soutane, où on n'en mettoit point, et que la vanité avoit mis cela à la mode. Les autres lui répondoient qu'il n'en vouloit point pour épargner deux écus que cela coûtoit sur chaque soutanelle; et c'étoit ainsi des prises sur sa chère, sur son équipage, et sur tout, qu'il soutenoit avec beaucoup d'esprit, et se ruant à son tour en attaques fort plaisantes. 11 conserva un grand crédit et une grande considération jusqu'à sa mort, et les ministres le m^ageoient. Il étoit bon évêque, résidant et fort appliqué à sfes (lavoirs. Il avoit quatre-vingt-cinq ans,
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et il y en avoit trois ou quatre qu'il étoit peu à peu tombé tout à fait en enfance ; il laissa un riche héritage à son neveu. Cette mort arriva fort mal à propos ^pour Monsieur de Gambray. Il n'étoit plus à portée de rien ; mais il eut la douleur de voir donner l'ordre à Monsieur de Paris, et la place de conseiller d'Ëtat d'Église à Monsieur de Meaux. Ce dégoût fut suivi d'un autre : M"* de Maintenon chassa de Saint-Cyr trois dames principales, dont une avoit eu longtemps toute sa faveur et sa confiance, et elle ne se cacha pas de dire qu'elle les chassoit à cause de leur entêtement pour M"* Guyon et pour sa doctrine. Tout cela, avec l'examen de son livre, dont il ne se pouvoit rien promettre de favorable, lui fit prendre le parti d'écrire au Pape, de porter son. affaire devant lui, et de demander permission au Roi d'aller la soutenir à Rome ; mais le Roi lui défendit le dernier. Monsieur de Meaux là-dessus envoya son livre au Pape, et Monsieur de Cambray eut ,la douleur de recevoir une réponse sèche du Pape, et de voir Monsieur de Meaux triompher de la sienne. Toutes trois se trouveront aux pages 1 et 2 des pièces ^. Rien de plus adroit, de plus insinuant, de plus flatteur que la lettre de Monsieur de Cambray. L'art, la délicatesse, l'esprit, le tour y brilloient, et tout en ménageant certains termes trop grossiers pour l'honneur de l'épiscopat et des maximes du royaume, il y fit litière de l'un et de l'autre, sous prétexte de modestie et d'humilité personnelle.^ Elle ne laissa pas, par cela même, de faire pour lui un bon effet dans le monde. En général on est envieux, et on n'aime pas l'air d'oppression. Tout étoit déclaré contre lui, ses parties devenues ses juges par. le renvoi de son livre à leur examen : elles venoient de profiter des vacances de Monsieur de Metz. On lui passa donc les flatteries de sa lettre
1. Pages 1 et 2 des pièces. (Note de Saint-Simon.) — Des notes seimblables, plusieurs fois reproduites dans le cours des Mémoires, prouvent que Saint- Simon y avait joint des pièces justificatives. Il est probable qu'elles sont au ministère des affaires étl^ngères, où les manuscrits de Saint^imoQ furent longtemps déposés.