‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 108 sur 333 · J A LA DIGNITÉ DE DUC ET PAIR DE BRISSAC · texte numérisé non relu

J A LA DIGNITÉ DE DUC ET PAIR DE BRISSAC

conséquemment Féteignoit en sa personne, la succession passant nécessairement par elle, soit qu'elle Tacceptât ou qu'elle y renonçât. A ces raisons on pouvoit encore ajouter que ces successions de dignité en collatéral étoient de droit étroit, et qu*il ne pouvoit dépendre d'une volonté de particulière de faire un homme duc ou de Fempêcher de Têtre, ce qui arrivoit pourtant en ce cas par l'acceptation ou par la renonciation de la maréchale de Yilleroy. On ne peut nier la force de ces arguments; mais la réponse se trouvoit écrite dans les lettres d'érection de Brissac, qui étoient pour le maréchal de Brissac et pour tous ses hoirs sortis de son corps, et de degré en degré, en légitime mariage et successeurs mâles. Ainsi, son second fils, père de Gossô, et sa postérité masculine étoit appelée au défaut de la postérité masculine aînée. Le cas arrivoit, et il étoit clair que l'intention du Roi concesseur étoit que tout mâle sorti par mâle du maréchal de Brissac recueillît à son rang d'aînesse la dignité de duc et pair. Il est vrai que par sjiccesseur la nécessité étoit imposée d'avoir la terre; mais puisqu'on ne pouvoit nier la volonté du Roi concesseur être telle qu'elle vient d'être expliquée, la conséquence suit évidemment en faveur de la renonciation. Mais ce n'étoit pas là tout ; l'érection appeloit bien les collatéraux, mais renregistrement du Parlement les avoit exclus, et c'étoit au Parlement à qui l'on avoit affaire, non pas contentieusement avec des parties, mais pour recevoir Cessé en qualité de duc de Brissac et de pair de France, après que les affaires liquidées avec les créanciers l'auroient mis en état de s'y présenter.

Je n'avois eu garde de laisser sentir au duc de Rohan aucune de ces difficultés. Celle des créanciers, qui étoit publique, l'avoit occupé, lui et les ducs qui s'étoicnt voulu opposer, et ils n'avoient envisagé qu'en gros, et à travers un brouillard, celle de la nécessité de la renonciation de la maréchale de Yilleroy. Je fus le conseil de Cossé, non sur les discussions des créanciers,

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