‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 187 sur 333 · ORIGINE DU CHAPEAU · texte numérisé non relu

ORIGINE DU CHAPEAU

que c'étoit une marque qu U vouloit parler an Roi. Le changement des chaperons en bonnets, puis en toqoes, altéra peu à peu cet usage, et Tabolit à la fin, tellement que personne ne se couvrit plus devant le Roi à Fordinaire de la vie, ni dans les cérémonies, hors celles où cela fut ou réservé ou marqué, comme au sacre, aux pompes funèbres, aux cérémonies de Tordre; et alors il ne s*agissoit point d'être prince, mais seulement d*avoir l'office qui faisoit qu'on étoit couvert, comme les pairs et les officiers de la couronne au sacre et au lit de justice, tout le monde aux convois des pompes funèbres, et tous les chevaliers au chapitre et au festin de Tordre. Les ambassadeurs étoient reçus et accompagnés par des chambellans du Roi à leur entrée et à leur audience, et cela a duré jusqu'à la puissance des Guises et à leurs projets. Gomme M. de Guise fut le premier qui fit ajouter à la formule de son serment de pair ces paroles, à la suite des autres si différentes : et comme un bon conseiller de cour souveraine^ pour flatter le Parlement et la magistrature, ce qui a été ôté longtemps depuis; comme il fut le premier homme, non-seulement de sa dignité et de son état, mais de quelque distinction, qui ait été marguillier d'honneur de sa paroisse, pour s'attirer la bourgeoisie, au delà de laquelle cette marguillcrie n'avoit jamais passé; aussi, dans ses mêmes dessein^, voulut-il gagner les puissances étrangères et s'en attacher les ambassadeurs. Gomme il pouvoit des choses assurément plus importantes, il mit en usage de conduire à Taudience de cérémonie ceux des premières têtes couronnées, c'est-à-dire du Pape, de TEmpereur et des rois. d'Espagne et d'Angleterre, sous prétexte de- sa charge de grand chambellan , et de les présenter au Roi. Eux se trouvèrent bien plus honorés d'être menés par lui que par des chambellans, et cette conduite leur donnoit occasion de civilités qui introduisoient visites, commerce et affaires. De M. de Guise Tusage, par ces mêmes raisons, s'en étendit peu à peu à ses enfants, à ses frères, puis à ses cousins, d'abord pour le suppléer, dans la suite comme

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