‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 188 sur 333 · AUX AUDIENCES DES AMBASSADEURS · texte numérisé non relu

AUX AUDIENCES DES AMBASSADEURS

une distinction qu'ils avoient acquise par Fusage, et comme un honneur dont les ambassadeurs ne voulurent plus se départir. De Tun à Tautre MM. de Nemours, si unis aux Guises leurs frères utérins, voulurent partager cet avantage : ils n*y trouvèrent point de difficulté de leur part; puis MM. de Longueville et les ambassadeurs, accoutumés à être menés par des princes de la maison de Lorraine, se le trouvèrent également bien par ceux de la maison de . Savoie et par une autre maison bieq inférieure, mais qui ne cédoit rien à ces deux-là en avantages. C'est ce qui a fait que, longues années après, MM. de Bouillon et de Rohan, ayant obtenu les mêmes distinctions que Messieurs de Lorraine avoîent usurpées pendant la Ligue, et qu'ils ont bien su se conserver depuis, 6t qui ont été étendues à Messieurs de Savoie, etc., ils n'ont pu néanmoins atteindre à celle de mener les ambassadeurs à l'audience, qui ont fort bien su dire que le rang qui leur avoit été donné ne les rcndoit pas princes, et qu'ils ne se départiroient point d'en avoir de véritables, et non de factices, pour conducteurs. Quand la chose fut bien établie, et que la maison de Lorraine se vit en état de tout entreprendre, arrivée qu'elle fut par les dignités et les offices de l'État, qu'elle sut si bien faire valoir contre les princes du sang, 6t que, pièce à pièce, et de conjonctures en conjonctures, et d'occasion en occasion, elle fut venue à bout de se former un rang par naissance, et des distinctions différentes de celles des rangs de l'État, elle imagina de faire accompagner les ambassadeurs à leur entrée par des maréchaux de France, pour marquer par là leur supériorité sur les officiers de la couronne. Il y avoit alors très-peu de ducs qui ne fussent pas princes du sang ou de maison souveraine, et on n'avoit point encore vu de maréchaux de France ducs : il n'y en a eu que bien depuis que' cette conduite aux entrées a été établie : longtemps encore depuis, les maréchaux de France qui étoicnt ducs n'y étoient pas employés; à la fin ils l'ont été aussi, comme à uhe fonction attachée à leur office de

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