‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 190 sur 333 · AUX AUDIENCES DES AMBASSADEURS · texte numérisé non relu

AUX AUDIENCES DES AMBASSADEURS

il y en eut en âge, autres que Monsieur le Prince. Telle est Torigine de ce qui s'appelle le chapeau; et ce chapeau, de si grand hasard pour M. d'Espernon, lui valut, et à ses fils et à son petit-fils, le rang et les honneurs des prince^ étrangers, quelque peu bien qu'il fût daps le goût et les bonnes grâces d'Henri IV. Mais ce roi et ses successeurs, à qui ce chapeau étoit échappé, comme je viens de l'expliquer, ont été continuellement jaloux de ne le pas laisser étendre au-delà des audiences de cérémonie des ambassadeurs, et jamais en aucune autre occasion ils n'ont permis aux princes étrangers de se couvrir, et c'est pour cela aussi qu'aucun d'eux ne se trouve aux audiences publiques des souverains que le Roi fait couvrir, ni en aucune autre où autre que lui puisse être couvert, ni les cardinaux non plus qu'eux. Ils ont essayé plus d'une fois d'obtenir cette extension d'honneur.

Les ducs aussi ne se trouvent jamais nulle part où d'autres se couvrent, excepté le premier gentilhomme de la chambre en année et le capitaine des gardes en quartier, par le service nécessaire de leurs charges. On a vu que quand ils sont mandés par le Roi à une audience, comme il arriva à celle du cardinal Chigi, légat a latere, que les princes étrangers ne s'y couvrent point; ainsi on n'en répétera rien. Mais voilà assez d'explication sur cette matière ; il est temps de reprendre les événements qui ont fini cette année.

M"* de Marsan mourut avant le départ de Paris de M**la duchesse de Lorraine. Cétoit une nièce paternelle de MM. de Matignon, et de plus sœur de M"' de Matignon, femme allière, impérieuse, de peu d'esprit, et parfaitement gâtée par la place, la splendeur, l'autorité et l'étrange hauteur de Soignclay, son premier mari, et par le rang et la naissance du second. Elle étoit en couche de son second fils; la nourrice fit je ne sais quoi qui lui déplut; la colère la transporta, la couche s'arrêta, il n'y eut jamais moyen de la sauver : elle mourut, et ne fut regrettée de personne, ni des siens, que par crédit, et après par rang, elle avoit

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