DE LA MONARCHIE D*£SPAGNE
succession sans en tirer rien : il avoit vu, par les conquêtes de k Franche-Comté et d*une partie de la Flandre, le peu de frein de ces renonciations. Il songea dono à un partage que Tappât de le recueiUir en paix, et sous la garantie des puissances principales, pût faire accepter au Roi, et qui fût tel en même temps qu'il n'augmentât pas sa puissance, ne fût qu'un arrondissement léger vers des frontières bien assurées, et que ce qu'il auroit de plus fût si éloigné, que la difficulté de le conserver le tînt toujours en brassière, et ses successeurs après lui.- En même temps, il voulut bien assurer les bords de la mer du côté de l'Angleterre , et mettre ses chers Hollandois à l'abri de la France, et partager l'Empereur si grandement qu'il eût lieu de s'en contenter, et de ne pas regretter une totalité qu'il n'avoit pas la puissance d'espérer contre la France. Il ne destinoit donc à celle-ci, pour ainsi parler, que des rognures. Ce fut pour cela qu'il s'en voulut assurer d'abord, comme la prévoyant la plus difficile à se contenter de ce qu'il lui vouloit offrir, et que sûr, s'il le pouvoit, de son acceptation, il n'eût à présenter à l'Empereur que la plus riche et la plus grande partie, avec un nom qui pouvoit passer pour le tout, et que la tentation d'une si ample monarchie sans coup férir le consolât du reste, et la lui fit promptement accepter.
Son plan arrêté fut donc de donner à l'archiduc, second fils de l'Empereur, l'Espagne et les Indes, avec les Pays- Bas et le titre de roi d'Espagne; le Guipuscoa à la France, parce que l'aridité et la difficulté de cette frontière est telle, qu'elle étoit demeurée en paix de tout ce règne, au milieu de toutes les guerres contre l'Espagne, Naples et Sicile, dont l'éloignement et le peu de revenu étoit plutôt un embarras et un sauve-l'honneur qu'un accroissement, et dont la conservation tiendroit à l'avenir la France en bride avec les puissances maritimes; la Lorraine, qui étoit un arrondissement très-sensible, mais qui ne portoit pas la France au-delà d'où elle étoit, et qui en temps de guerre ne la soulageoit que d'une occupation qui
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