MM. DE BEAUVILLIER ET DE NOAILLES
rent commandés pour les suivre, et MM. de BeauvOlier et de Noaillcs eurent chacun cinquante mille livres pour leur voyage.
Monseigneur, qui savoit Theure que le Roi 8*étoit réglée pour la déclaration du roi d*£spagne, Tapprit à ceux qui éloient à Mcudon; et Monsieur, qui en eut le secret en partant de Fontainebleau, se mit sous sa pendule dans rimpatience de Tannoncer, et quelques minutes avant rheure ne put s'empêcher de dire à sa cour qu*elle alloit apprendre une grande nouvelle, qu*il leur dit dès que Taiguille arrivée sur Theure le lui permit. Dès le vendredi précédent. M*' le duc de Bourgogne, M. le duc d^Anjoa et l'ambassadeur d'Espagne le surent, et en gardèrent si bien le secret qu'il n'en transpira rien à leur air ni à leurs manières. M""* la duchesse de Bourgogne le sut en arrivant de Fontainebleau, et M. le duc de Berry le lundi matin. Leur joie fut extrême, quoique mêlée de Famertumede se séparer : ils étoient tendrement unis, et si la vivacité et l'enfance excitoient quelquefois de petites riottes* entre le premier et le troisième, c'étoit toujours le second, naturellement sage, froid et réservé, qui les raccommodoiL
Aussitôt après la déclaration, le Roi la manda par le premier écuyer au roi et à la reine d* Angleterre. L^aprèsdinée, le roi d'Espagne alla voir Monseigneur à Meudon, qui le reçut à la portière et le conduisit de môme. 11 le fit toujours passer devant lui partout, et lui donna de la Majesté; en public ils demeurèrent debout. Monseignenr parut hors de lui de joie; il répétoit souvent que jamais homme ne s'étoit trouvé en état de dire comme lui : t le Roi mon père, et le Roi mon fils ». S*il avoit su la prophétie qui dès sa naissance avoit dit de lui : « fils de roi, père de roi, et jamais roi »,et que tout le monde avait ouï répéter mOle fois, je pense que, quelque vaines que soient ces prophéties, il ne s'en seroit pas tant réjoui. Depuis cette déclaration, le roi d'Espagne fut traité comme le roi d'Angleterre: