CONSEIL D ARAGON
deux fils et plusieurs filles, et laissa un bâtard. Le fils ^ fat duc de Linarcz et grand d'Espagne par la mort de u mère, et mourut vice-roi de Mexique du vivant de son père. 11 fit un tour en France, où je le vis à la cour.avant d'aller au Mexique. Il ne laissa point d'enfants de Léonore de Silva, que j'ai vue à Bayonne camarera-mayor de la reine veuve de Charles IL Le frère cadet de ce duc de Linarez étoit évoque lorsqu'il mourut. Il recueillit sa grandcssc, et après la mort de son père, prit le nom de duc d'Âbrantès, et plus du tout celui d'évèque de Guença, quoique il le fCit. J'aurai dans les suites occasion de parler de lui. Quelques années après la mort du père, son bâtard, par le crédit de sa famille, fut duc de Liôarez et grand d'Espagne. Par ce détail on voit que ces branches de Bragance ont toutes grandement figuré en Espagne, mais qu'elles y sont maintenant toutes éteintes.
Après avoir parlé du comte d'Oropesa, président du eonseil de Castille, de son exil, et à son occasion des quatre branches de la maison de Portugal établies et finies en Espagne, et de celle de Gadaval, qui a pullulé en Portugal, il faut dire un mot du conseil de GastiUe et de celui qui en est chef.
L'Espagne est partag('*c toute entière entre ce conseil, de qui dépend tout ce qui est joint à la couronne de Castille, et le conseil d'Aragon, de qui dépend tout ce qui est joint à la couronne d'Aragon. Ce dernier avoit un bien plus grand pouvoir que celui de Castille, et son chef, qui portoit le titre de grand justicier, et par corruption cdiii simplement de justice, avoit une morgue et une autorité qui balançoit celle du Roi. Il se tenoit h Saragosse, où le Roi fut, peu après son arrivée à Madrid, recevoir les hommages de TAragon et prêter le serment accoutumé d'en maintenir les immenses privilèges, après quoi le justicier lui prête serment au nom du royaume. En le prêtant il débute par ces mots : « Nous qui valons autant