‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 71 sur 333 · VOYAGE ET CAMP DE COMPIÈGNE · texte numérisé non relu

VOYAGE ET CAMP DE COMPIÈGNE

autre diflférence entre eux après les charges du service nécessaire, après eux les maréchaux de France, ensuite les charges considérables, et puis le reste des courtisans. Cela est de même dans les places; mais quand le Roi est à l'armée, son quartier est partagé, et la cour est d'un côté et le militaire de l'autre, sans avoir rien de commun; et s'il se trouve à la suite du Roi des maréchaux de France sans commandement dans l'armée, ils ne laissent pas d'être logés du côté militaire' et d'y avoir les premiers logements.

Le jeudi 28 août, la cour partit pour Compiègne ; le Roi passa à Saint-Gloud, coucha à Chantilly, y demeura un jour, et arrivaJe samedi à Compiègne. Le quartier général étoit au village de Condun, oiLle maréchal de BoufOiers avoit des maisons outre ses tentes. Le Roi y mena M*' le duc de Bourgogne et M~ la duchesse de Bourgogne, etc., qui y firent une collation magnifique , et qui y virent les ordonnances, dont j'ai parlé ci-dessus, avec tant de surprise, qu'au retour à Compiègne, le Roi dit à Livry, qui par son ordre avoit préparé des tables au camp pour U^' le duc de Bourgogne, qu'il ne falloit point que ce prince en tînt, que quoi qu'il pût faire, ce ne seroitrien en comparaison de ce qu'il venoit de voir, et que quand son petit-fils iroit à l'avenir au camp, il dîneroit chez le maréchal de Boufflers. Le Roi s'amusa fort à voir et à faire voir les troupes aux dames, leur arrivée, leur campement, leurs distributions, t*n un mot tous les détails d'un camp, des détachements, des marches, des fourrages, des exercices, de petits combats, des convois. M"* la duchesse de Bourgogne, les princesses, Monseigneur, firent souvent collation chez le maréchal, où Ja maréchale de Bouflïers leur faisoit les honneurs. Monseigneur y dîna quelquefois, et le Roi y mena dîner le roi d'Angleterre, qui vint passer trois ou quatre jours au camp. Il y avoit longues années que le Roi n'avoit fait cet honneur à personne, et la singularité de traiter deux rois ensemble fut grande. Monseigneur et les trois princes ses enfants y dînèrent aussi, et dix ou

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