‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 54 sur 344 · COMMENCEMENTS DE L'ABBÉ BU BOIS · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE L'ABBÉ BU BOIS

Tordre à aucun Lorrain, eut peine à s'y résoudre ; mais les deux f'^ères surent tenir ferme : ils remportèrent, et le chevalier de Lorraine, ainsi payé d'avance, répondit du consentement de Monsieur au mariage, et des moyens d'y faire venir Madame et M. le duc de Chartres.

Ce jeune prince avoit été mis entre les mains de Saint- Laurent au sortir de celles des temmes. Saint-Laurent étoit un homme de peu, sous-introducteur des ambassadeurs (hez Monsieur, et de basse mine, mais, pour tout dire en m mot, l'homme de son siècle le plus propre à élever un prince et à former un grand roi. Sa bassesse l'empêcha d'avoir un titre pour cette éducation ; son extrême mérite l'en fit laisser seul maître ; et quand la bienséance exigea que le prince eût un gouverneur, ce gouverneur ne le fut qu'en apparence, et Saint-Laurent toujours dans la même confiance et dans la même autorité.

Il étoit ami du curé de Saint-Eustache, et lui-même grand homme de bien. Ce curé avoit un valet qui s'appeloit du Bois, et qui l'ayant été du sieur....*, qui avoit été docteur de l'archevôque de Reims le Tellier, lui avoit trouvé de l'esprit, Favoit fait étudier, et ce valet savoit infmimentde belles-lettres et même d'histoire ; mais c'étoit un valet qui n'avoit rien, et qui après la mort de ce premier maître étoit entré chez le curé de Saint-Eustache, Ce curé, content de ce valet, pour qui il ne pouvoit rien faire, le donna à Saint-Laurent, dans l'espérance qu'il pourroit mieux pour lui. Saint-Laurent s'en accommoda, et peu à peu s'en servit pour récritoire d'étude de M. le duc de Chartres; de là, voulant s'en servir à mieux, il lui fit prendre le petit collet pour le décrasser, et de cette sorte l'introduisit à l'étude du prince, pour lui aider à préparer ses leçons, à écrire ses thèmes, et le soulager lui-même, à chercher les mots dans le dictionnaire. Je l'ai vu mille fois dans ces commencements, lorsque j'allois jouer avec M. de Chartres. Dans les suites, Saint-Laurent devenant \nfirme, du Bois

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