POUR LES TROUPES RESTÉES EN ITALIE
ouverts sur sa conduite dans le peu qu'il eut à Texaminer, me dit au retour en avoir été fort content.
Pour moi, j'avois toujours sur le cœur ce chiffre fatal, qu'il nia avoir, et qu'il m'a toujours paru impossible qu'il n'eût pas, dont j'ai parlé p. 554 *, et qui a été si funeste. Je ne sais si, quand il seroit enfin devenu fidèle, un gouvernement si mutilé et le commandement apparent de troupes abandonnées ne lui parut pas une charge trop pesante, et, supposé ses anciennes liaisons, s'il ne se défia pas de ses souplesses dans des conjonctures si délicates de cette décadence. 11 sentoit sa partie si bien faite en France qu'il s'en promettoit tout, et la suite a montré qu'il ne se trompoit pas et qu'il n'y a manqué que des chimères insoutenables. Il étoit dans la première considération du Roi; ses nièces et le maréchal de Villeroy avant sa chute lui avoient acquis Chamillart sans mesure; Monseigneur, tel qu'il étoit, mené par ses nièces, étoit à lui ; M"* de Maintenon, il la tenoit par Villeroy avant sa disgrâce, qui n'y fut même jamais avec elle, par Chamillart, et par le ricochet de Vendôme, qui faisoit agir M. du Maine auprès d'elle; enfin il avoit le gros du monde, par ces cabales, par toute la maison de Lorraine, par tout ce qui avoit servi en Italie, comblé par lui de politesse, gorgé d'argent du Milanois, et charmé de la splendeur, car c'est peu dire de la magnificence, dont il ' vivoit.
Il appuya donc si foiblement tous ces deux partis, qu'il les décrédita par cela même qu'il avoit un intérêt apparent de désirer qu'on prît celui de soutenir en Lombardie, qui lui conservoit le commandement et ce qui restoit de son gouvernement du Milanois ; et son bonheur, aidé de sa cabale, fut tel, que le Roi lui sut le meilleur gré du monde de cette foiblesse d'appuyer, comme étant plus sincère qu'intéressé. Enfin, dans le besoin où on étoit de troupes bonnes et vieilles , on ne considéra pas