MORT DE LA MARQUISE DE LA YALLIÈRE
autre fils dans les négociations du dehors, mais sans avoir pu, ni lui ni son frère, vaincre la répugnance que quelque jeunesse de ce fils avoit donnée au Roi de le faire . évêque.
Peu de jours après la mort du maréchal d'Estrées, rocmrut la marquise' de la Vaîlière, veuve du frère de la mattresse du Roi, que sa faveur avoit faite dame du palais de la Reine. Son nom étoit Glé, et fort peu de chose, ce qui n'étoit pas surprenant; mais une femme de beaucoup d'esprit, gaie, extrêmement aimable, qui avoit de Fintrigne et beaucoup d*amis, et qui par là sut se soutenir à la cour et dans le monde, avec beaucoup de considération, après la retraite de sa belle-sœur. Elle étoit devenue infirme et dévote, et ne venoit presque plus à la cour, mais toujours, quand elle y paroissoit, fort recherchée. Le Roi, qui s'étoit fort amusé de sa gaieté et de son esprit, la distinguoit toutes les fois qu'il la voyoit, et conserva toujours de Tamitié pour elle.
Une autre mort fît bien plus de bruit, quoique d'une personne depuis longtemps retirée de tout, et qui n'avcât conservé aucun reste du crédit dominant qu'elle avoit si longtemps exercé; ce fut la mort de M*^ de Montespan, arrivée fort brusquement aux eaux de Bourbon, à soixante-six ans, le vendredi 27 mai, à trois heures du matin.
Je ne remonterai pas au delà de mon temps à parler de celui de son règne; je dirai seulement, parce que c'est une anecdote assez peu connue, que ce fut la faute de son mari plus que la sienne. Elle l'avertît du soupçon de l'amour du Roi pour elle ; elle ne lui laissa pas ignorer qu'elle n'en pouvoit plus douter; elle l'assura qu'une fête que le Roi donnoit étoit pour elle; elle le pressa, elle le conjura avec les plus fortes instances de l'emmener dans ses terres de Guyenne, et de l'y laisser jusqu'à ce que le Roi l'eût oubliée et se fût engagé ailleurs : rien n'y put déterminer Montespan, qui ne fut pas longtemps sans s'en repentir, et qui, pour son tourment, vécut toute sa vie et mourut