‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 2 sur 311 · FOLLES COURSES DE LA^ FEUILLADE · texte numérisé non relu

FOLLES COURSES DE LA^ FEUILLADE

Avec ces détachements, il ne restoit que quarante bataillons devant TUrin-, .qui y fàtiguoient fort et y avan»çoient fort peu. On prit prisonniers dans Mondovi le prince de Carignan, ce fameux muet, et toute sa famille; et sur sa parole, on les conduisit à Raconis, sa maison de plaisance, où il demanda une garde à la Feuillade. En même temps Mesdames de Savoie; qui die Coni' étoient allées à Oneilie, se retirèrent ^à Savone: La Feuillfeide, lassé de perdre son temps à courre après dto vent, revint au siège, et lâcha Aubeterre aux trousser de Monsieur de Savoie, qui, pour raleniir le siège, se montroit de loin, puis se cachoit, et changeoit continuellement de retraite et de route. 11 pensa pourtantpius d'une fois y étreattrapè, et cependant menoit une vie* errante, misérable et périlleuse. Aubeterre battit son arrières-garde, et prit un fils du comte de Soissons, un capitaine des gardés de Monsieur de Savoie et une vingtaine d'officiers. Là-dessus Ib Feuillade, follement buté à la capture de Monsieur de Savoie, et qui n'en vouloit pas laisser l'honneur à un auti»e, quitta encore le siège et se remît après ; mais Monsieur de Savoie se moquoit de lui. Ce prince ne laissa pas de se trouver longtemps dans les plUs fâcheuses extrémités, qu'il* soutint avec un grand art et un grand courage. Cette conduite de la Feuillade harassa toute sa cavalerie, et mit à bout son infanterie, par tous les divers détachements qu'il en fit à droite et à gauche, et par lu fatigue trop» redoublée de celle qui restoit au siège. C'étoit une étrange fôlîe que voler le papillon, aux dépens de l'objet si principal de prendt'e Turin, et si pressé qu'une heure é toit précieuse, dans la crainte de l'arrivée du prince Eugène, à qui ces lenteurs dbnnèrent tout le temps qui lui fut nécessaire ; et la négligence, la paresse, l'opiniâtreté, Fineurie de M. de Vendôme pour un pays qu'il alloit quitter, toutes les facilités, dont il sut bien profiler, pour passer le Pô malgré lui, et IHii donnerle second tome de M. de Starem- Berg; et par le même chemin qu'il vint au» secours dte Monsieur de Savoie, et quoique fort arriéré et toutes les

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