SERVICE DE LA COMMUNION DU ROI
au bas de l'autel, au lieu où le prêtre la commence; on le couvroit d'une étoffe, puis d'une grande nappe qui traînoit devant et derrière. Au Paier, l'aumônier de jour se levoit, et nommoit au Roi à l'oreille tous les ducs qui se trouvoient dans la chapelle. Le Roi lui en nommoit deux, qui étoient toujours les deux plus anciens, à chacun desquels, aussitôt après, le même aumônier s'avançant alloit faire une révérence. La communion du prêtre se faisant, le Roi se levoit, et s'alloit mettre à genoux sans tapis ni carreau derrière ce ployant, et y prenoit la nappe ; en même temps, les deux ducs avertis, qui seuls avec le capitaine des gardes en quartier s'étoient levés de dessus leurs carreaux et l'avoient suivi, l'ancien par la droite, l'autre par la gauche, prenoienl en même temps que lui chacun un coin de la nappe, qu'ils soutenoient à côté de lui à peu de distance, tandis que les deux aumôniers de quartier soutenoient les deux autres coins de la même nappe du côté de l'autel, tous quatre à genoux, et le capitaine des gardes aussi, seul derrière le Roi. La communion reçue et Tablution prise quelques moments après, le Roi demeuroit encore un peu en même place, puis relournoit à la sienne, suivi du capitaine des gardes et des deux ducs, qui reprenoient les leurs. Si un fils de France s'y trouvoit seul, lui seul tenoit le coin droit de la nappe, et personne de l'autre côté; et quand M. le duc d'Orléans s'y rencontroit sans fils de France, c'étoit la même chose ; un prince du sang présent n'y servoit pas avec lui ; mais s'il n'y avoit qu'un prince du sang, un duc, au lieu de deux, étoit averti à l'ordinaire, et il servoit à la gauche comme le prince du sang à la droite. Le Roi nommoit les ducs pour montrer qu'il étoit maître du choix entre eux, sans être astreint à l'ancienneté; mais il ne lui est pourtant jamais arrivé de préférer de moins anciens; et je me souviens que marchant devant lui un jour de communion qu'il alloit à la chapelle, et voyant le duc de la Force, je le vis parler bas au maréchal de Noailles, et un moment après le maréchal me vint demander qui étoit l'ancien de M. de la Force ou