‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 210 sur 311 · Brevetèf au manuscrit · texte numérisé non relu

Brevetèf au manuscrit

[1707] SDR M"* DE TORCY. 327

IW"' de Maintenon. Le Roi en tenoit une *, où tous les fils de France et toutes les princesses du sang se mettoient, excepté M. le duc de Berry, M. le duc d'Orléans et M"* la princesse de Conti, qui se mettoient toujours à celle de Monseigneur, même quand il étoit à la chasse. 11 y en avoit une troisième, plus petite, où se mettoient, tantôt les unes, tantôt les autres; et toutes trois étoient rondes, et liberté à toutes de se mettre à celle que bon leur sembloit. Les princesses du sang se plaçoient à droite et à gauche en leur rang; les duchesses et les autres princesses comme elles se trouvoient ensemble, mais joignant les princesses du sang, et sans mélange entre elles d'aucunes autres ; puis les dames non titrées achevoient le tour de la table, et M"* de Maintenon parmi elles, vers le milieu; mais elle n'y mangeoit plus depuis assez longtemps : on lui servoit chez elle une table particulière, où quelques dames, ses familières, deux ou trois, mangeoient avec elle, et presque toujours les mêmes. Au sortir de dîner, le Roi entroit chez M"* de Maintenon, se mettoit dans un fauteuil près d'elle, dans sa niche, qui étoit un canapé fermé de trois côtés, les princesses du sang sur des tabourets auprès d'eux, et dans réloignement les dames privilégiées, ce qui pour cette entrée-là étoit assez étendu. On étoit auprès de plusieurs cabarets de thé et de café; en prenoit qui vouloit. Le Roi demeuroit là plus ou moins, selon que la conversation des princesses l'amusoit, ou qu il avoit affaire; puis ilpassoit devant toutes ces dames, alloit chez lui, et toutes sortoient, excepté quelques familières de M""* de Maintenon. Dans l'après-dînée, à la suite de M"* la duchesse de Bourgogne, personne n'entroit où étoit le Roi et M"* de Maintenon que M"* la duchesse de Bourgogne et le ministre qui venoit travailler. La porte étoit fermée, et les dames qui étoient dans l'autre pièce n'y voyoient le Roi que passer pour souper, et elles Ty suivoient, après souper, chez lui, avec les princesses, comme à Ver-

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