‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 305 sur 311 · Voyez ci-dessus, p. 459 et note · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 459 et note

[n08] MORT, ÉTAT ET CARACTÈRE DE LA FRETTE. 469

parlé p. 282* du fameux duel qui le fit sortir du royaume avec son frère; c'étoient peut-être les deux hommes de France les mieux faits et les plus avantageux; leur nom étoit Gruel, et des plus minces gentilshommes de France, et la Frette un des plus légers fiefs du Perche. Leur gra>id-père s'attacha au premier comte de Soissons, prince du sang, dont il fut domestique principal, et qui obtint d'Henri IV le pénultième coUier de la première promotion de Tordre du Saint-Esprit qu'Henri IV fit depuis son sacre, en 1595, aux Augustins à Paris. C'est de lui qu'on fait le conte que disant, en recevant le collier : Domine, non sum dignus, qu'on ne dit plus, et qu'on ^'a peut-être jamais dit, Henri IV lui répondit : « Je' le -sais bien, je le sais bien, c'est pour l'amour de mon cousin de Soissons, qui m'en a prié. » La Frette le porta vingt ans, et il étoit gouverneur de Chartres. Son fils le fut aussi, et du Pont-Saint-Esprit. Il fu't encore capitaine des gardes de Gaston duc d'Orléans, frère de Louis XIII. Le comte de Saint-Aignan, depuis duc et pair et père du duc de Beauvillier, et lui, épousèrent les deux sœurs de même nom que Servien, surintendant des finances. Celle que la Frette épousa étoit veuve en premières noces d'un le Ferron, dont une fille unique, fort riche, veuve en premières noces, sans enfants, de Saint-Mégrin, dont j'ai parlé ailleurs, tué au combat du faubourg Saint-Antoine, remariée au duc de Chaulnes, tellement que ces la Frette dont il est question ici étoient frères de mère de la duchesse de Chaulnes et cousins germains du duc de Beauvillier, qui les servirent toute leur vie de tout leur pouvoir, ce qui leur fut d'une grande protection et considération.

M. de Chaulnes, étant ambassadeur extraordinaire à Rome en 1667 et 1670, y eut grand'part aux élections de Clément IX et Clément X, Rospigliosi et Altieri, avec qui il fut si bien, qu'il le pressa tant de l'employer pour lui

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