Saint-Simon a écrit camps
Tautorité de la Reine régente, elle fit à sa mère des sommations respectueuses, et se maria.
Les puissants protecteurs de cet heureux époux firent valoir ces fureurs de la mère et de plusieurs de ses proches, trop bien fondés ^ sur la nudité de Fépoux. Par là ils lui procurèrent des lettres, en décembre 1648, d'érection nouvelle du duché-pairie de Rohan, pour lui et pour les enfants mâles qui naîtroient de ce mariage. Us lui avoient aussi fait donner promesse du premier gouvernement de province qui viendroit à vaquer; il eut celui d'Anjou en 1647. Cette érection ne put être sitôt enregistrée à cause des troubles de la cour et de l'État. Dans l'intervalle, la Reine et le cardinal Mazarin, mécontents de Gaston et de Monsieur le Prince, s'en pren oient entre autres au nouveau duc de Rohan, et empêchoient l'enregistrement. On sait de quelle façon cette affaire fut à la fin consommée, malgré la cour, absente de Paris, au fort des troubles. Un lundi 15 juillet 1652, Monsieur et Monsieur le Prince menèrent le duc de Rohan à la grand'chambre, où ils avoient déjà fait deux fois la même tentative; mais à cette troisième ils vinrent à bout avec autorité de faire enregistrer l'érection, et de faire prêter le serment et prendre place à M. de Rohan tout de suite, en qualité de duc et pair de Rohan. *
11 n'en jouit pas longtemps, et mourut trois ans après, à trente-neuf ans, 27 février 1655, après avoir beaucoup figuré dans tous les troubles et les intrigues de son temps. Il laissa un fils unique, qui est le duc de Rohan dont il s'agit ici, la belle et florissante M"* de Soubise, M"* de Coetquen, et la seconde femme du prince d'Espinoy, grand'mère du duc de Melun, en qui cette branche s'est éteinte, et bientôt après cette grande et illustre maison de Melun.
Il falloit expliquer tout cela avant que venir au fait, et il est encore nécessaire de dire qu'outre que le duc de