Acte I, scène rv
une sorte de pudeur; le nom qu'elle avoit pris dans son contrat de mariage et dans, tous les actes où elle avoit parlé depuis jusqu'alors la fit nager un temps entre deux eaux. Son frèrene se contentoit point de cette espèce de neutralité, qui, pour dire le vrai, n'en avoit que l'apparence : il se fâcha; les étoupes entre eux n'étoient pas difficiles à rallumer. M"" de Soubise fit semblant diètre entraînée par l'autorité de son mari et par l'intérêt de ses enfants; elle leva le masque, se mit à la tête du conseil de M. de Guémené, et fit avec lui cause commune à découvert. Son crédit engagea le Roi à évoquer l'affaire à sa propre personne, qui déclara en même temps qu'il joindroit le conseil des finances à celui de dépêches, pour la juger en sa présence, et commit le bureau du conseil des parties * de M. Daguesseau pour l'instruire, et être ensuite des juges dans son cabinet avec les deux conseils. Tout cela ne multiplioit guère les juges que de ce bureau; encore Daguesseau étoit-il du conseil des finances. Par là M"* de Soubise n'avoit affaire qu'aux quatre secrétaires d'État pour le conseil de dépêches, au chancelier et au duc de Beauvillier, qui étoient de tous, à Pelletier de Sousy et à Daguesseau pour le conseil des finances, dont ils étoient conseillers, àDesmarets et à Armenonville, qui y entroient comme directeurs des finances, aux trois conseillers d'État du bureau de M. Daguesseau, et au maître des requêtes rapporteur. Tout étoit donc la cour, son pays et son règne, hors les trois derniers, desquels encore elle espéroit bien qu'aucun ne voudroit déplaire au Roi, dont l'inclination étoit assez publique, surtout le rapporteur, qui, comme tous les maîtres des requêtes, avoit une fortune à faire, à obtenir une intendance, et par ce chemin à parvenir à une place de conseiller d'État, qui est le bâton de maréchal de France du métier. Monseigneur et M*' le duc de Bourgogne, qui ehtroient dans tous les conseils, dévoient aussi être juges.
I. C'est-à-dire, les membres du conseil des parties chargés d'instruire le procès.
Les écrits -violèrent donc de part et d'autre; le public en fut avide, même les pays étrangers. La maison de Rohan y perdit. Sans ^oser attaquer la maison Chabot , elle voulut s'élever au-dessus de toute noblesse, en princes qui étoient d'une classe hors du niveau. Cette hauteur, destituée de toutes preuves, irrita et les véritables princes ^t ceux qui ne Tétoient pas, et donna un grand cours et une grande faveur aux mémoires du duc de Rohan, qui, sans attaquer aussi la maison de Rohan, mit sa chimère en pièces, et sans aucune réponse qui eût la moindre ■apparence ni le plus léger soutien. Il fallut avoir recours à des mensonges, à des contradictions^ qui étoient incontinent et cruellement relevés, et qui augmentèrent la partialité et l'indignation publique. Beaucoup de gens, paresseux Jusqu'alorsi-d'approfondir et faciles à croire sur parole, Tirent clair sur cette princerie. Le plus fâcheux fut que M" le duc de Bourgogne, qui lisoit tout de part et d'autre, avec l'application d'un .homme qui veut s'instruire pour faire justice, fut mis au fait de ce qu'il importoit tant à l'état où les Rohans s'étoient élevés de laisser ignorer à un prince qui devoit régner, et qui aimoit l'ordre et la "vérité, et que le Roi même ne laissa pas, dans le cours de l'affaire, d'être détrompé de bien des choses essentielles que M"* de Soubise lui avoit de longue main peu à peu 'inculquées.
Cependant toute la faveur pendant l'instruction fut pour M"* de Soubise. 11 ne s'y fit pas un seul pas sans prendre a'ordre du Roi, qui pressa ou qui retarda l'affaire ^ son gré. Enfin, tout étant prêt, le Roi donna une aprés-dinée -entière au jugement de cette cause, où Monseigneur ne voulut pas se donner la peine de se trouver. Le coadjuteur •de Strasbourg, depuis cardinal de Rohan, touché de la foiblesse de leurs écrits, en donna, sur la fin, un de sa façon, dont il espéra des merveilles. Il ne s'y trouva que •du fiel peu mesuré, peu séant et sans aucun nouvel appui, qui acheva de révolter le monde de tous états, qui ne ca- 'Choit plus sa partialité pour le duc de Rohan.
La veille du jugement, la maréchale de la Mothe, grand'mère de la princesse de Rohan, à la tète de toute cette famille, se trouva à la porte du cabinet du Roi au retour de sa messe, pour lui présenter un nouveau mémoire. Le coadjuteur se promenoit en attendant par la galerie, avec un grand air de confiance et de supériorité, en fils de la fortune et de Tamour dans la maison maternelle. Il y débitoit, entre autres choses, qu'on ne devoit pas être surpris si ceux de sa maison, si fort relevés par leur naissance au-dessus de la noblesse du royaume, étoient jaloux de leur nom et le soufifroient impatiemment à d'autres. La cour étoit fort grosse. Le marquis d'Ambres, qui l'écoutoit avec son silence ordinaire, n'y put enfin résister, et de son ton de fausset et son air audacieux : « Gela s'appelle, lui dit-il, soutenir une odieuse cause pa« des propos encore plus odieux; » et lui tourna le dos. Cette sortie publique et si peu ménagée, que la contenance et l'air des nombreux assistahts applaudirent, déconcerta tellement le jeune et beau prélat, qu'il ne répliqua pas une seule parole et qu'il n'osa plus haranguer.
Le lendemain, le même cortège se présenta à l'entrée des juges, à la porte du cabinet du Roi, et vis-à-vis le duc de Rohan, uniquement accompagné de la duchesse sa femme et de leur fils aîné. Le duc de Rohan avoil supplié le Roi que l'affaire au moins fût jugée sans milieu et sans retour, et avoit eu pour réponse sèche qu'on lui feroit justice. A la connoissance qu'on avoit de tous les personnages qui dévoient être juges, -leurs opinions étoient déjà conjecturées; on ne s'y' trompa que de ce qu'il fallut précisément pour former l'arrêt. On voyoit encore que celles qui seroient pour le duc de Rohan ne seroient que foiblement énoncées, par des gens conduits par leur conscience, mais accoutumés à se tenir dans le terme étroit du devoir, sans s'affectionner jamais, et moins encore vouloir prévaloir. Les juges entrés, le Roi alla à Chamillart, avec qui il avoit le plus de familiarité, et lui demanda tout bas pour qui il seroit : Chamillart lui répondit à
Toreille « pour M"' de Çoubise » ; car depuis quelque temps M. de Guémené étoit effacé, et cette affaire ne s'appeioit plus que celle du duc de Rohan et de M"* de Soubise.
Dès que tous furent en place, avant que le rapporteur eût ouvert la bouche : « Messieurs, ditleBoi,je dois justice à tout le monde, je veux la rendre exactement dans l'affaire que je vais juger; je serois bien fâché d'y commettre aucune injustice; mais pour de grâce, je. n'en dois à personne, et je vous avertis que je n'en veux faire aucune . au duc de Rohan ; » et tout de suite, passant les yeux sur toute la séance, il commanda au rapporteur de commencer. On peut juger de l'impression de ce préambule si peu usité, et q^uel aussi en put être le dessein. L'affaire dura six heures de suite. Le Roi avoit dîné exprès de fort bonne heure, pour donner tout le temps et n'avoir pas à y revenir. Le rapporteur parla deux heures, avec une netteté et une précision dont ils furent tous charmés; il n'omit rien de part et d'autre ; tout fut mis également dans le plus grand jour, et pesé de même. La conclusion surprit fort la compagnie ; elle fut entièrement en faveur du duc de Rohan. Les quatre conseillers 'd'État du bureau parlèrent ensuite, avec éloquence et véhémence. Il y en eut d'accusés de cacher avec art ce qu'il y avoit de foible dans leur raisonnement, qui ne laissa pas de balancer fort celui du rapporteur, et qui pensa entraîner tous les autres. . Daguessau , doux , foible , non de capacité ni d'expression, mais d'habitude, et naturellement fort timide et fort défiant de soi-même, avoit une conscience tendre, épineuse, qui émoussoit son savoir et arrêtoit la force de son raisonnement. Son opinion étoit donc toujours comme mourante sur ses lèvres, et peu capable d'en entraîner d'autres, quoique toujours parfaitement approfondie et judicieuse. On ne doutoit donc pas qu'en cette occasion il ne se montrât plus timide encore qu'à l'ordinaire. La surprise fut grande de voir cet homme si modeste, souvent jusqu'à l'embarras, pressé sans doute par sa conscience
et par la considération du danger du lieu pour ce qu'il croyoit juste, s'énoncer avec un poids nouveau et saisir une autorité inconnue, avec laquelle il soutint, cinq quarts d'heure durant, le droit du duc de Rohan, même avec des raisons qui avoient échappé au rapporteur. 11 conclut par une péroraison qu'il adressa au Roi, sur ce que cette cause étoit la sienne, celle de la mémoire de la Reine sa mère, celle de la religion ; sur la part que le Roi et la Reine mère avoient eue au choix de M. de Saint- Aulaye par M"" de Rohan, et à leur contrat de mariage, auquel, par cette raison, leur signature ire pou voit être considérée comme un simple honneur, ainsi qu'aux autres contrats, de mariage, mais comme une autorisation formelle de toutes les clauses contenues en celui-ci, dont on ne pou voit attaquer aucune sans contester la validité de l'autorité royale. Il fit souvenir le Roi des raisons d'État et de religion qui lui avoient fait prendre tant de part en ce mariage, et il finit en interpellant le Roi des vérités qu'il avançoit. *
Le Roi convint à l'heure même de tout ce qu'il venoit de dire sur ce mariage, et loua succinctement le beau discours de Daguesseau. Les autres juges opinèrent ensuite, entre autres Chamillart, qui, à la grande surprise du Roi après ce qu'il lui avoit dit entrant au conseil, fut pour le duc de Rohan, entraîné, comme il l'avoua au Roi au sortir de la séance, par la force'et le torrent de Daguesseau. Le duc de Beauvillier opina succinctement pour le duc de Rohan, mais très-fortement, contre sa coutume. Jusque-là tout se trouva tellement balancé, que le duc de Rohan ne l'emportoit que de deux voix : restoient à parler Monsieur le chancelier et M^' le duc de Bourgogne, et le Roi après à prononcer.
La vérité me force à en dire une que je voudrois taire, dont le fond put n'être pas mauvais par l'intime persuasion, mais dont l'écorce au moins, et la façon de soutenir ce qu'on pense être juste, parut passer le but. Le chancelier étoit ami intime de M"' de Soubise. 11 considéra
qu*opinant pour M. de Guémené, M^'le duc de Bourgogne feroit Fairêt ; il résolut de l'emporter de vive force : au lieu d'opiner en peu de mots sur une affaire si longuement débattue, et si fort discutée et éclaircie, il fit un long discours, avec tout l'esprit, la force, la subtilité possible, qui parut moins d'un chancelier que d'un avocat de réplique ; puis, se rabattant peu à peu sur son dessein, il s'adressa par diverses questions au jeune prince, lui répétant souvent avec art : que peut-on objecter à ceci? que peut-on répondre à cela? quelle sortie de cet autre? pour étourdir sa conscience délicate, en essayant d'étouffer ses lumières, au cas qu'il ne fût pas de son avis, et peut-être encore eii le provoquant ainsi, l'accabler de l'embarras de lui répondre, et le réduire par l'insuffisance d'entrer en lice contre lui : il s'y trompa.
M«' le duc de Bourgogne avoit étudié à fond les mémoires de part et d'autre, écouté attentivement le rapporteur, Daguesseau, toutes les opinions. 11 s'étoit surtout appliqué à* celle du chancelier, qui dura une grosse heure. Quand il eut fini, le prince prit la parole, d'abord avec sa retenue ordinaire, mais incontinent après avec une décision précise, qui sentoit l'indignation, et qui sembloit avoir pénétré la poitrine du chancelier. Il suivit la route qu'il lui avoit tracée en s'adressant à lui : « Ce que je vous répondrai. Monsieur, lui dit-il tout à coup, à ce que vous venez de dire, c'est que je ne trouve pas de question en ce procès, et que je suis surpris de la hardiesse de la maison de Rohan à l'entreprendre. » Passant ensuite un regard sur toute la compagnie, il reprit toute l'affaire avec exactitude, justesse et précision, et appuya sur les principaux points et les raisons principales de Daguesseau, du rapporteur et des autres, en les citant, qui avoient opiné pour le duc de Rohan. Fixant ensuite un regard perçant sur le chancelier, il discuta les raisons fondamentales de son avis, dont il mit en évidence le captieux et les sophismes. Retombant après sur les nouvelles raisons que Daguesseau avoit apportées, et sur l'autorisation du con-
trat de mariage par la signature du Roi, il soutint les premières, mais il combattit cette dernière, et déclara qu'il ne croyoit point que l'autorité des rois pût s'étendre, jusque sur les lois des familles, qu'il ne tenoit pour inviolables que lorsque d'un consentement mutuel elles avoient été faites par elles-mêmes, comme il étoit arrivé en celles dont il s'agissoit, et de plus confirmées par une exécution aussi paisible et aussi longue. Il parla une heure et demie, et se fit admirer par la force et la sagesse de son discours, et par la profonde instruction qu'il y montra. Il le termina par les mêmes paroles qui l'avoient commencé, par quelques-unes sur la naissance illustre et ancienne des Chabots, et par quelque chose de plus animé contre les Rohans qu'il ne s'étoit permis dans toute son opinion. De cette manière il fît l'arrêt.
Restoit le Roi à prononcer, qui, depuis ce peu de mots à Daguesseau sur son opinion, avoit gardé un profond mais très-attentif silence; Personne n'avoit que voix consultative en sa présence; il avoit donc le choix de deux partis : l'un, de se rendre à la pluralité en deux mots, comme il avoit coutume de faire, laquelle n'étoit que de deux voix; l'autre parti, qu'il n'a pris que trois ou quatre fois au plus en sa vie, étoit d'user de sa pleine puissance, et de prononcer en faveur du prince de Guémené. 11 ne fit ni l'un ni l'autre, et en prit un troisième pour la première fois. Au lieu de se tourner vers le chancelier pour lui déclarer sa volonté, il regarda un moment en silence toute la compagnie, et fit un discours d'un quart d'heure, plein de dignité et de justesse. Il honora de son souvenir et de ses louanges le précis de l'avis des deux différentes opinions de ceux qu'il trouva avoir le mieux parlé, surtout du rapporteur et de Daguesseau, et marqua de la complaisance pour le discours de son petit-fils. Opinant ensuite en juge ordinaire, il exposa sommairement les raisons qui l'avoient le plus louché, blâma, mais avec une modération qui se sentoit de son penchant, l'entreprise de MM. de Rohan, insista sur la justice de la cause du duc
de Rohan, et fit sentir que lorsqu'il étoit question de justice, il étoit bien aise de la rendre. Enfin, se tournant au chancelier, il lui commanda de dresser Tarrêt avec le duc de Rohan, de ne*lui refuser rien de ce qui pouvoit le rendre plus net, plus décisif, le plus hors d'atteinte d'aucun retour en quelque sorte que ce pût être, et qu'à l'avenir il ne pût jamais se trouver ni lieu ni prétexte de plus ouïr parler de la question.
Cette action du Roi surprit infiniment. On crut que voyant en effet la justice et la cause y tourner, instruit qu'il se disoit tout haut que M™* de Soubise l'ayant pour juge, il n'étoit pas possible qu'elle perdît, et ayant promis implicitement le matin même au duc de Rohan que l'affaire seroit jugée sans milieu et sans retour, il avoit été bien aise de montrer qu'il ne faisoit acception de personne en justice, que lui-même la croyoit du côté du duc de Rohan, qu'il lui avoit Voulu tenir une parole si fraîchement donnée, épargner au rapporteur, qui naturellement devoit dresser l'arrêt, tout ce qu'il auroit à y essuyer de points et de virgules, et de pis encore de la part des Rohans ; son parti pris, tenir le chancelier de court, après ce qu'il en avoit entendu en opinant, et se délivrer luimême des demandes et de l'importunité de M"* de Soubise sur un arrêt où il ne vouloit plus toucher.
Pendant ce long conseil, les Rohans, séparément répandus, faisoient des visites dans Versailles, tenoient les plaids chez la maréchale de la Mothe, et le jeune coadjuteur, pour marquer une pleine confiance, jouoit tranquillement à l'hombre chez la chancelière. Le duc de Rohan s'étoit retiré chez lui à la. ville, sa femme dans un cabinet de M"* d'O au château ; leur fils aîné alloit et venoit. 11 étoit près de huit heures du soir quand le conseil leva. Le duc de Rohan étoit revenu chez le Roi, résolu d'essuyer l'événement ; aucun des Rohans n'y parut : ils sentoient l'extrême révolte du public contre eux sur cette affaire; ils le craignirent. En effet, tout l'appartement du Roi n'étoit qu'une foule, que la curiosité intéressée y avoit
assemblée; jusqu'à la cour de marbre en étoit remplie, pour savoir l'événement, par les fenêtres qui étoient ouvertes, de ceux qui étoient dan^ les appartements. M*' le duc de Bourgogne sortit le premier. M. de Rohan, qui étoit à la porte, lui demanda son sort; comme il ne répondit rien, le duc lui demanda au moins s'il étoit jugé : « Oh I pour cela, oui, répondit le prince, et jugé sans milieu ni retour. » Et tout aussitôt, se tournant au chancelier, qui le suivoit, lui demanda si on ne pouvoit pas dire le jugement. Le chancelier ayant répondu qu'il n'y avoit nulle difficulté à le dire, le prince se retourna au duc de Rohan : « Puisque cela est, lui dit-il. Monsieur, vous avez gagné entièrement, et je suis ravi de vous l'apprendre. » Le duc s'inclina fort, par respect, et en même temps M^ le. duc de Bourgogne l'embrassa, et ajouta qu'il en étoit aussi aise que lui-même, et qu'il n'avoit jamais vu un si méchant procès.
Au premier mot du jugement rendu, l'antichambre, et tout aussitôt le reste de l'appartement, retentit de cris de joie et de battements de mains, auxquels la cour de marbre répondit jusqu'à l'indécence, vu le respect des lieux. On crioit tout haut : « Nous avons gagné, ils ont perdu I )) et cela se répéta sans nombre. Le Roi devoit aller se promener à pied dans ses jardins, et descendre par son petit degré dans la cour de marbre pour y aller. A grand'peine le duc de Rohan, quoique généralement peu aimé et considéré, put-il gagner ce petit degré, à travers les embrassades et les félicitations et les redoublements des cris de joie, à mesure qu'il étoit aperçu.
Le Roi reçut ses remerciements avec tout l'accueil et les grâces qu'il s'étoit bien proposées en opinant, contre sa coutume, comme il avoit fait. Le soir, M. de Rohan étant chez M*' le duc de Bourgogne, où il y avoit grand monde, ce prince lui parla encore de son affaire. 11 ne feignit point de lui dire * qu'il avoit été pour lui de tout son