H2 CAUSE DE LA HAINE DE VILLEROY
de Villeroy de tous les compliments du monde, de tous les offres ^ de services possibles, hors sur la guerre, et il n'y avoit que sur la guerre où il pût lui en rendre. Faute de mieux, il me fallut contenter d'avoir rapproché les choses, dans l'espérance qu'elles se pourroient raccommoder tout à fait.
J'allai souper en tiers avec le duc et la duchesse de Villeroy, qui s'affligea amèrement d'une réponse si dure parmi tant de compliments. Son mari la sentit vivement. Je lui représentai son âge, ses services, son grade de lieutenant général, et ce à quoi l'un et l'autre le dévoient tout naturellement conduire; je lui parlai du bâton et du commandement des armées; je lui représentai qu'il rendroit douteux l'espèce de droit qu'il pouvoit prétendre de succéder à la charge de capitaine des gardes de son père, à laquelle l'exemple du duc deNoailles lui frayoit un chemin assuré; que l'éclat qui avoit fait chasser M""* de Gaylus avoit fait une impression qui n'étoit effacée que pour elle, et qui subsistoit contre lui en M"* de Maintenon, comme il n'en pouvoit douter, malgré son amitié pour le maréchal de Villeroy ; enfin que son père avoit travaillé trop peu solidement pour lui, et lui avoit toute sa vie trop durement appesanti le joug, pour que, sciemment et volontairement, il se perdît sur une chose inutile, vaine, de pur travers et de pure fantaisie, que son père même ne de voit jamais exiger de lui : en un mot, je n'oubliai rien, ni sa femme non plus; mais tout fut inutile.
Le duc de Villeroy avoit promis à son père, qui avoit exigé sa parole : accoutumé à trembler devant lui comme un enfant, il n'osa la refuser ; il ne put se résoudre à en manquer, même en ne voyant Ghamillart qu'en secret, ce que je me faisois fort de faire passer au ministre : il fallut donc se réduire à essayer qu'il se contentât d'un compliment du duc de Villeroy chez le Roi, sur ce qu'il ne le voyoit point chez lui. J'en parlai à Ghamillart de toute