LIVRE VINGTIEME
qui s'était passé, il le quitta brusquement « Vous « ne savez pas, Rosny , me dit ce prince en se rap- « prochant de moi , et me tirant à quartier , vos « lettres ont été brûlées. »
v Je revenais trouver sa majesté pour lui propo- * ■ ser de mon côté un expédient qui m'avait paru £ propre à fermer la bouche à mon accusateur.
/ C'était d'engager le roi à écrire à l'évêque de Poi- * ? tiers et aux officiers de cette ville, pour se faire représenter toutes les lettres qu'ils avaient reçues de moi, et de leur écrire moi-même de la manière la moins suspecte. J'apportais avec moi tous ces originaux de lettres , auxquels sa majesté ne trouva rien à changer. Elle fit écrire incontinent celles qui étaient en son nom , et enfermant les unes et les autres dans un même paquet , elle en chargea le courrier Constant. L'évêque et les officiers de la ville firent partir le sieur de La Parisière, afin qu'il satisfit sa majesté sur tout ce qu'elle désirait savoir. La Parisière attesta à mon sujet, au nom de tous ses concitoyens, qu'ils avaient regardé les lettres que je leur avais écrites comme remplies de dispositions favorables pour les jésuites*, et il présenta au roi toutes celles qu'dn avait pu ramasser.
Parmi un assez grand nombreroù il n'était quesr tion que des affairés de la province , il s'en trouva quafrè dans lesquelles il était parlé des jésuites. Trois de ces lettres, adressées à Sainte - Marthe ,
lieutenant-général, et à son frère séparément, et au bureau des finances, étaient copiées toutes trois les unes sur les autres , et voici ce qu'on y lisait à la suite d'un autre détail : «Quant à ce « qui est du collège des jésuites , je ne sais pas « pourquoi vous vous y rendez si difficiles , et « pourquoi vous réitérez si souvent vos instances « pour ce collège royal dont vous m'avez écrit , « puisque vous connaissez, comme je vous l'ai « mandé plusieurs fois par le sieur de La Parisière, « que vous n'obtiendrez jamais du roi les moyens « nécessaires pour le dernier, et qu'il veut abso- « lument l'autre. C'est donc à vous à user de pru- « dence, et à faire de bonne grâce, afin qu'on vous « en sache gré, ce qu'aussi-bien vous ferez à la « fin , malgré vos intentions. Ne songez seulement « qu'à établir de tels réglemens, en les recevant , « qu'ils ne puissent troubler le repos de la ville « ni de la province , ni altérer l'union et la bonne « correspondance qui se voit entre ceux des deux « religions, afin que le roi soit également bien « servi de tous. »
La quatrième de ces lettres, adressée à M. l'évéque de Poitiers, a quelque chose encore de plus forjt. Quelques affaires et quelques complimens remplissent le commencement; à la suite desquels le roi lut ces paroles : « Quant aux jésuites , je me « suis toujours bien (louté qu'ils ne trouveraient