‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 101 sur 245 · LIVRE VINGTIÈME. 2!i · texte numérisé non relu

LIVRE VINGTIÈME. 2!i

« pas tant de gens affectionnés et charitables en « effets comme en paroles. Pour mon égard , si la « province les désire, et qu'ils soient résolus d'y « vivre doucement, sans aigrir les esprits, et émet pécher la bonne intelligence des deux religions, « je serai bien aise de les voir en mon gouvernece ment, et je les favoriserai dans tout ce que je « pourrai ; mais s'ils y apportaient de la division , « altération et défiance , j'aimerais beaucoup mieux « qu'ils fussent ailleurs. »

Le courrier du roi, en repassant à Paris, où il ne trouva plus sa majesté, qui venait de partir pour Fontainebleau, me laissa la réponse particulière que M. l'évéque de Poitiers faisait à la lettre que je lui avais écrite. Voici ce qu'elle contenait : Que le P. Moussy, jésuite, était venu lui apporter une lettre de la part du P. Cotton , dans laquelle ce père paraît le prévenir sur certaines lettres prétendues écrites par moi , à lui évéque , contre l'établissement et l'honneur de la société, et sur des plaintes que ce père, les croyant vraies, a faites contre moi à sa majesté ; qu'à la lecture de cette lettre, il avait fait convenir le P. Moussy que son confrère avait eu grand tort de croire une chose de cette conséquence si légèrement, et plus grand tort encore de l'écrire et de la porter aux oreilles du roi; que le P. Moussy avait vu toutes les lettres que j'avais écrites à lui évéque, et qu'il n'y avait îv. i5

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rien trouvé d'approchant; qu'il s'est chargé de détromper le P. Cotton en lui faisant part de ce qu'il avait vu.

L'évèque de Poitiers, qui croit bonnement l'existence de cette lettre imaginaire d'accusation contre moi, que le P. Cotton lui mandait être venue de Poitiers, et qui est persuadé apparemment que c'est me rendre service, aussi-bien qu'à lui , que de travailler à découvrir quel en est l'auteur, me mande qu'il y va donner tous ses soins, et qu'on lui a déjà dit, le jour précédent, qu'elle est signée Guillaume ; mais que personne ne pouvait mieux le savoir que le P. Cotton lui-même, parce que, quoiqu'il lui mande encore que c'est lui P. Cotton qui a jeté cette lettre au feu , il ne doit pas avoir oublié quelle en était la suscription. La lettre de cet évéque est datée du 2 3 mars i6o5. Je la fis voir à Sillery, qui partait pour Panfou, d'où il se rendait à Fontainebleau , afin qu'il en fit son rapport au roi ; mais ce prince voulut que je la lui portasse à Fontainebleau, avec les copies de celles qui m'avaient été renvoyées de Poitiers. Je m'aperçus que la nouvelle preuve de ma sincérité qu'il avait eue en cette occasion avait ajouté quelque' chose à ses sentimens pour moi.

Il envoya le lendemain chercher Richelieu et Pont-Courlay, et leur demanda s'ils ne savaient point par qui étaient suggérées au P. Cotton les

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