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avec la réponse aux questions , en me disant que je visse si elle satisfaisait à tout, et que je la rédigeasse en telle forme que je jugerais à propos. Je voulus en avoir deux , lune plus générale, et l'autre en forme de mémoire particulier joint à la première. Ces deux pièces réglaient la manière dont je devais parler et agir avec les protestans, comme on va le voir.
Le sujet de l'assemblée de Chatellerault ne paraissait pas , à la première vue , aussi important qu'il l'était, tant pour le roi que pour le corps des réformés, puisqu'elle semblait n'avoir été obtenue que pour entendre les députés de ce corps , qui sortaient de l'exercice de leurs charges , auprès de sa majesté, «pour les en décharger, et pour léur en substituer d'autres, ce qui n'avait pas besoin d'une assemblée aussi solennelle que celle qui se préparait. Mais, en examinant la chose de plus près, on voyait que le véritable but de quelques-uns des principaux chefs de la religion était de se servir de cette assemblée pour étendre leurs droits et pour se faire accorder de nouvelles grâces et de nouveaux privilèges; à quoi sa majesté ne pouvait mieux répondre qu'en profitant aussi de cette occasion pour les rappeler d'une manière plus solennelle aux anciens réglemens , dont la sagesse et l'utilité étaient reconnues par les fruits qu'on en avait vus naître , et pour les revêtir d'une nou-
33o MÉMOIRES DE SULLY.
velle force, bien loin de leur donner la moindre atteinte ; en sorte qu'après cela le corps des religionnaires en France, persuadé de la droiture des intentions du roi et de sa fermeté à soutenir ses droits, prît une bonne fois réellement le parti, ou de braver l'autorité royale, ou de rentrer sincèrement dans son devoir. Voilà le point principal de ma commission.
Pour cela, il m'était enjoint de leur faire principalement arrêter la vue sur l'édit de pacification fait à Nantes , comme sur une pièce fondamentale qui devait leur servir également de règle pour juger de leur conduite envers le roi , et de celle de sa majesté à leur égard. Je devais leur faire comprendre que cet édit, qui avait souffert tant de contradictions, étant la base de leur liberté, la preuve de leur fidélité , de leur attachement au bien public, des sentimens même que leur religion devait leur inspirer, se tirerait de leur exactitude à se tenir si juste dans les bornes qu'il leur prescrivait, qu'ils ne s'en écartassent ni à droite ni à gauche , comme Henri s'y était si bien renfermé de son côté , qu'ils n'avaient aucun reproche à lui faire sur cela. Le libre exercice de leur religion , la jouissance paisible de leurs biens et de leurs charges, la douceur de leur gouvernement, l'état des affaires tranquille, mais solide, et s'affermissant tous les jours , la sûreté des promesses
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