LIVRE VINGT-UNIÈME. 33 I
faites par ce prince, connue par une longue suite d'effets, et en dernier lieu par la réponse satisfaisante qu'il avait faite à tout ce que leurs cahiers enfermaient d'important, c'étaient là autant de cautions, d'un côté, auxquelles les protestans devaient répondre du leur, par la soumission et la reconnaissance qu'un prince bienfaisant est en droit d'exiger de ses sujets. Le motif de leur intérêt leur conseillait encore ce plan de conduite, parce qu'à juger sainement de l'état des choses, les risques de l'infraction ne pouvaient guère regarder qu'eux.
La conséquence qu'on tirait dans l'instruction de ces motifs, et que j'étais chargé de faire sentir à l'assemblée , c'est qu'elle devait se montrer fort éloignée de toute demande qui tendît à altérer en rien l'édit de Nantes, telle que ferait celle de pouvoir se choisir un chef, soit dedans, soit hors le royaume, autre que la personne du roi lui-même, qui méritait d'eux cette qualité par tant de titres. Comme on ne pouvait pas prévoir toutes les autres demandes que les protestans s'aviseraient peutêtre de faire , on me laissait lé choix des raisons propres à les détruire ou à les éluder. Il m'était seulement ordonné de leur signifier encore nommément qu'ils ne s'attendissent plus pour l'avenir à dépareilles assemblées générales, et que celle-ci, que sa majesté avait bien voulu leur accorder
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pour s'instruire tous ensemble de leurs devoirs et pour s'animer à les remplir, leur tiendrait lieu de celle qu'ils avaient résolu dernièrement, dans leur synode de Gap, de supplier sa majesté de leur accorder.
Les raisons de cette cessation d'assemblées extraordinaires étaient palpables ; car le sujet qui les fait convoquer regarde ou la discipline ecclésiastique, ou un point de justice et de police, ou enfin une grâce qu'on veut obtenir du roi. Dans le premier cas , les protestans ont leurs synodes provinciaux , auxquels sa majesté ne prétend point toucher, en abolissant les assemblées extraordinaires. Tout ce qu'elle demandait encore au sujet de ces synodes, et il n'y avait rien de si juste, c'est qu'on s'y renfermât dans ce qui est du ressort de la religion et de la discipline; au lieu que sous ce prétexte on y traitait fort souvent de matières purement civiles. Si le but de ces assemblées a rapport à la justice et à la police , il n'y a rien qui doive les excepter de la règle générale, qui renvoie toute affaire contentieuse dans ces deux genres aux tribunaux des juges et des magistrats ordinaires; enfin les choses purement de faveur doivent se traiter par la voie de la requête et de la supplique. Rien n'est encore si inutile que les mouvemens et les grandes dépenses dans lesquelles jette une assemblée extraordinaire, sou-
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