‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 150 sur 245 · LIVRE V1NGT-UNIEMF · texte numérisé non relu

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sies dans leur corps, sur lesquelles il se déterminerait à nommer les deux qui lui seraient le plus agréables.

Il pouvait arriver que les chefs du parti , cherchant à éluder les réglemens que sa majesté se proposait de faire recevoir dans l'assemblée, affecteraient de se renfermer dans cette seule question; c'est ce que je devais encore empêcher. Sur l'affaire d'Orange , qui ne pouvait manquer d'être mise sur le tapis ( on saura bientôt quelle elle était), j'avais ordre de représenter que Henri avait travaillé inutilement pour faire en sorte que le prince d'Orange laissât cette ville aux protestans français; qu'il ne pouvait refuser de la remettre à ce prince; que tout ce qu'il pouvait en cette occasion , c'était d'obtenir de Maurice , qu'au lieu de Blaccons, qui commandait dans cette place, et qui demandait lui-même à en sortir , il n'y mettrait du moins pour lieutenant qu'un officier de la religion, auquel on ferait prêter serment d'obéissance à sa majesté : je parlerai plus au long de cette affaire dans la suite. Voilà quelle était l'instruction générale : elle était datée du 3 juillet i6o5, et signée Henri et Forget.

Ce que le mémoire particulier, joint avec l'instruction générale , avait de différent, consiste en ce que, sans rien énoncer sur le sujet connu de l'assemblée, il se renfermait dans quelques autres

questions qui pouvaient y être agitées , et qui tendaient à rendre de nul effet les desseins qu'on soupçonnait les chefs de la cabale de chercher à y faire approuver à la multitude. Ce détail ne convenait point dans le premier écrit, parce qu'il pouvait être fort inutile; mais il ne laissait pas de î^j m'être nécessaire, c'est ce qui m'avait donné l'idée de partager ainsi les matières en deux.

Le mémoire portait donc que j'empêcherais qu'on avançât rien d'offensant pour le pape, de vive voix, ni par écrit, et quon ne remuât ce dogme si frivole de l'antechrist, digne du synode de Gap, où il avait pris naissance; que personne n'eût séance dans l'assemblée en qualité de député d'aucun particulier, quel qu'il put être, fut-ce de Lesdiguières même; qu'on n'y recevrait point, comme on avait fait dans le même synode , des lettres de princes étrangers, et en particulier du duc de Bouillon. Il paraissait important à sa majesté qu'un sujet ingrat et perfide, tel que l'était Bouillon, fût connu publiquement pour s'être rendu indigne de recevoir aucun bon traitement de son souverain. Que la manière dont les autres

qui pouvaient être mis dans cette classe se comporteraient dans l'assemblée réglerait aussi le traitement dont j'userais à leur égard.

Si la qualité de président de l'assemblée, que sa majesté souhaitait fort qu'on me déférât, et que

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