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senti de cette peine d'esprit, où l'auteur de la lettre, et beaucoup d'autres avec lui, voulaient que je fusse, ayant à opter entre le service de mon prince et celui de ma religion, parce qu'en effet je ne voyais dans cette affaire aucun fondement à l'alternative. Le préjugé commun , dans toutes les religions, veut qu'on ne soit censé favoriser véritablement celle qu'on suit, que lorsqu'on la soutient opiniâtrément jusque dans ses torts les plus visibles. Sur ce pied-là, j'avoue que le parti que j'étais déterminé de prendre pouvait m'attirer dans l'esprit de l'auteur de la lettre, et de ceux qui pensent dans le même goût, les noms de fauxfrère, de déserteur, et même, si l'on veut, de traître : aussi n'était-ce pas de pareils suffrages que je me proposais d'obtenir, mais celui des personnes qui, de quelque parti et de quelque religion qu'elles fussent, voudraient se servir de la balance de l'équité et du désintéressement. Si la religion souffre que la politique vienne à son secours, cela ne doit s'entendre que d'une politique simple, droite et pure comme elle. Toute autre paraît la servir , mais ne la sert pas véritablement, et tôt ou tard la détruit.
Déterminé à n'avoir d'autre principe de conduite que celui-là dans l'assemblée, je crus que je ne pouvais trop éloigner de moi l'affectation et le déguisement, pour ôter à l'esprit de cabale et au
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zèle imprudent toute espérance de pouvoir jamais me gagner ou me séduire. Dès le commencement, je me montrai jaloux de soutenir en cette occasion le caractère par lequel je m'étais donné à connaître à la France entière dans toutes les autres , c'est-à-dire celui d'un homme aussi sincèrement attaché aux vrais principes de la réforme qu'éloigné des fausses conséquences, et ennemi des démarches irrégulières de quantité de réformés. J^e discours que je fis à l'ouverture de l'assemblée fut tout entier selon cette maxime, sans m'embarrasser s'il plaisait ou déplaisait au plus grand nombre : il dura une demi-heure.
Je commençai par leur faire envisager que, parmi tant de personnes, aveuglément dévouées à toutes les volontés du roi, sa majesté n'aurait point jeté les yeux, pour traiter avec eux, sur un homme connu par sa fermeté inébranlable dans sa croyance, si elle avait eu plus d'envie de soutenir ou d'augmenter ses droits, que de gagner leurs cœurs, èt de persuader leurs esprits; que cette raispn était suffisante pour leur faire prendre une entière confiance en tout ce que je pourrais dire et faire, parce qu'assurément je n'avais pas attendu ce moment pour y trahir lâchement ma religion. Mais je leur déclarai en même temps, qu'ils devaient s'attendre à me voir cette même ardeur, pour les intérêts de mon prince, lors-
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