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la venue de Parabère. Ce n'est pas que Henri !<• crût capable de lui manquer; mais Parabère avait un défaut , qui n'en est guère un que pour la politique , de ne pouvoir jamais croire le mal de personne, et un second, qui se joint ordinairement au premier, la facilité de lier amitié avec toutes sortes de personnes, mal comme bien intentionnées. Il ne se remuait de rien de tout ce qu'on lui disait touchant les factieux, et jamais le roi ne
parla devant lui du duc de Bouillon qu'il ne l'excusât de la meilleure foi du monde, et qu'il n'attribuât tout ce qu'on lui imputait à la malice de ses ennemis. C'est ce qui fit que sa majesté montra bien à la vérité à Parabère tout son mécontentement contre le duc , mais qu'elle ne l'appuya que sur les anciens griefs, sans lui rien toucher des preuves les plus récentes; ce fut à moi à régler aussi sur cette connaissance ma conduite avec Parabère.
Mais laissons là tout ce qu'on mandait au roi , et voyons ce qui se passait réellement dans l'assemblée. Le commencement en fut aussi tumultueux que je m'y étais attendu. Les .brouillons s'appliquèrent à tourner les esprits à la mutinerie et à l'aigreur , parce qu'ils crurent qu'il serait bien plus difficile de les réchauffer après coup, s'ils laissaient prendre à l'assemblée im cours paisible. Ils mirent en usage leurs manèges ordinaires; ils IV. it\
secondèrent de tout leur pouvoir la fausse ru-
meur qu'ils avaient répandue, que le roi allait abolir leurs privilèges, casser leurs synodes , et se servir de la présente assemblée pour déclarer retranché de son état des finances tout ce qu'il avait Coutume de donner aux ministres de la religion. Henri disait quelquefois , en se plaignant de l'aversion des protestans pour lui et pour ceux dont il se servait dans ses affaires, qu'ils auraient bien mérité qu'il leur ôtât pensions, charges et gouvernemens; cette parole fut rapportée à l'assemblée comme une résolution arrêtée et une déclaration positive.
Comme je n'ignorais pas de quelle source venaient toutes ces allégations empoisonnées , après en avoir représenté toute la fausseté , je m'opposai fermement à ce qu'il fût rien proposé dans l'assemblée sous le nom ou de la part de Bouillon, de Lesdiguières et de Duplessis, et je ne souffris que personne y prît la parole , excepté ceux qui avaient ce droit par leur qualité de députés des provinces. Je fis donner sous main à Duplessis l'option de se tenir volontairement éloigné de Châtellerault, ou d'y venir pour y être simple spectateur, et sans autre rang que celui de particulier. Il en conçut im vif chagrin , et il prit le premier parti, soit que, désespérant du succès, il voulût éviter le blâme d'une résolution prise en